Les mots : Il t'appelle, suffisent pour prouver que Jésus avait en effet donné cette commission à Marthe. Il devait désirer de préparer Marie comme il avait préparé sa sœur : le miracle ne pouvait être réellement salutaire à l'une et à l'autre qu'à cette condition. Bien probablement, lors même que Weiss n'admet pas cette idée, la précaution que prend Marthe en accomplissant son message (λάθρᾳ, secrètement) lui avait été recommandée par Jésus ; il avait appris comment Marie était entourée ; et s'il ne fuyait pas le péril il ne le cherchait pas non plus (voir au v. 30).
La vivacité de l'émotion de Marie à l'ouïe de ce message se peint dans les verbes au présent : ἐγείρεται, elle se lève, et ἔρχεται, elle vient. Cette leçon est, en effet, préférable aux leçons alex. ἠγέρθη et ἤρχετο, elle se leva et elle venait, comme le reconnaissent cette fois Tischendorf et Weiss, qui pensent que l'aoriste et l'imparfait, ont été substitués au présent sous l'influence du ἤκουσεν précédent, elle eut entendu. La leçon alex. me paraît avoir été formée sous l'influence de 4.30 ; mais il n'y a pas ici les mêmes raisons de présenter sous forme de tableau (l'imparfait) l'arrivée de Marie, qu'au ch. 4 celle des Samaritains. Dans ces cas on souffre de voir le parti-pris étouffer le tact critique chez Westcott et Hort. - Jésus n'était pas entré dans Béthanie. Ce n'était pas seulement parce que le tombeau devait nécessairement être en dehors du bourg (Luthardt). Il fallait que quelque motif important l'eût retenu : sans quoi il se serait rendu directement où son cœur l'appelait, à la maison de deuil. Son but était sans doute d'éviter tout ce qui pouvait attirer l'attention ; et l'intention du verset suivant est précisément de montrer comment ce dessein échoua par une volonté supérieure à la sienne, qui avait résolu de donner à ce miracle le plus grand éclat possible. Jésus avait fait ce qu'il devait ; Dieu fit ce qu'il voulait. Il arrive ici quelque chose de semblable à ce qui est raconté Matthieu 9.31 ; Marc 7.24,36.