1 J’ai dit en mon cœur : Allons ! je t’éprouverai par la joie : jouisa 1a litt. : vois, ici et v. 24, etc. donc du bien-être. Et voici, cela aussi est vanité. 2 J’ai dit au rire : [Tu es] déraison ; et à la joie : Que fait-elle ? 3 J’ai recherchéb 3b ailleurs aussi : exploré. en mon cœur de traiter ma chair avec du vin, tout en conduisant mon cœur par la sagesse, et de saisir la folie, jusqu’à ce que je voie quel serait, pour les fils des hommes, ce bien qu’ils feraient sous les cieux tous lesc 3c litt. : le nombre des, ici et 5. 17 ; 6. 12. jours de leur vie.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
1 et 2 : Vanité de la joie.
La philosophie ne produisant qu'amertume et déboires, l'Ecclésiaste a essayé du plaisir et de la jouissance. Vivons donc et jouissons, et laissons là tant de troublantes investigations.
J'ai dit à mon cur. Je me suis recueilli, et le résultat de mes réflexions a été la résolution de me procurer désormais toutes les jouissances qu'on peut goûter ici-bas.
Je veux te faire essayer... Le cur n'est-il pas souverain juge en matière de bonheur ?
Et voilà. La réponse ne s'est pas fait longtemps attendre. En deux versets tout est dit. De toutes les vanités, c'est celle de l'épicurisme qui se fait sentir le plus promptement. Aussi va-t-il maintenant, dans la coupe de la pure folie, verser un peu de modération.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Introduction au chapitre 2
Salomon, ayant fait l'épreuve de la sagesse et de la connaissance naturelles dans toute leur étendue et les ayant trouvées vanité, passe à l'expérience du plaisir, et cherche si quelque bonheur s'y rencontre (Ecclésiaste 2:1). Ce qui, au premier regard, se révèle vain, frivole et folâtre, il l'expédie d'un mot et le condamne comme insensé et sans profit (Ecclésiaste 2:2) ; mais les plaisirs plus dignes de l'homme, raisonnables et légitimes, il s'y arrête et en dresse une énumération détaillée, comme de choses dont il avait fait l'entière épreuve : le bien-manger et le bien-boire, avec mesure et sans excès ; des édifices beaux et spacieux ; des vignes, des jardins […]
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
J'ai dit en mon cœur, etc. Il s'entretint avec son cœur, il pensa et raisonna en lui-même, et arrêta dans son esprit cette résolution : puisqu'il n'avait pu trouver le bonheur dans la sagesse et la connaissance naturelles, il le chercherait ailleurs - dans le plaisir, où il observait que certains hommes plaçaient leur bonheur, ou du moins l'y cherchaient. Ou bien : « j'ai dit à mon cœur », selon la version syriaque ;
allons donc - ou « va, je te prie » : écoute ce que je vais te dire, et suis la voie que je vais maintenant te tracer ; […]
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
J'ai dit du rire : il est insensé, etc. La faculté de rire a été donnée à l'homme pour quelque utilité ; usée avec modération et tenue dans de justes bornes, elle lui rend service et contribue à la santé du corps et au contentement de l'esprit ; mais lorsqu'on en use à toute occasion frivole, devant chaque sottise dite ou faite, et qu'on s'y abandonne à l'excès, ce n'est plus que folie, et elle donne à l'homme l'air d'un insensé et d'un fou plutôt que d'un sage ; elle ne dure qu'un moment, et sa fin est la tristesse (Ecclésiaste 7:6 ; Proverbes 14:13). […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
3 à 11 Bien vite dégoûté de ce rire insensé et de cette vie de grossiers plaisirs, je me suis dit : Modérons-nous et joignons au soin de notre corps un travail sérieux. C'est un nouvel essai.
Avec du vin. Le vin n'est indiqué ici que comme le symbole d'une vie agréable.
Jusqu'à ce que je visse... C'est un simple essai, et l'Ecclésiaste lui-même semble s'en méfier à l'avance, car c'est là un compromis : il abandonne le terrain des principes.
De grands travaux. Voir 1Rois 7.1-12 ; 9.15-19 ; 2Chroniques 8.1-6.
Des vignes. Voir Cantique 8.11, et comparez 1Chroniques 27.27. Nous ne devons pas nous représenter des vignobles comme les nôtres, mais plutôt des vergers dont les arbres servaient de support à des ceps de vigne. (Félix Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 3° édition, page 289, note.)
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
J'ai recherché en mon cœur de livrer ma chair au vin, etc. Non d'une manière immodérée, jusqu'à s'enivrer - il ne peut y avoir là nul plaisir, ni la moindre apparence de bonheur -, mais d'une manière mesurée quoique libérale, de façon à être innocemment gai et enjoué, et à éprouver par là quel bien et quel bonheur se pouvaient posséder par cette voie. Par « vin », il ne faut pas entendre le vin seulement, mais tout ce qui se mange et se boit de bon : le mot désigne ce qu'on appelle la bonne chère. […]
4 J’ai fait de grandes choses : je me suis bâti des maisons, je me suis planté des vignes ; 5 je me suis fait des jardins et des parcs, et j’y ai planté des arbres à fruit de toute espèce ; 6 je me suis fait des réservoirs d’eau pour en arroser la forêt où poussent les arbresd 6d litt. : qui pousse en arbres. . 7 J’ai acquis des serviteurs et des servantes, et j’en ai eu qui sont nés dans ma maison ; j’ai eu aussi des troupeaux de gros et de menu bétail, en grand nombre, plus que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem. 8 Je me suis aussi amassé de l’argent et de l’or, et les trésors des rois et des provinces ; je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils des hommes, une femme et des concubines. 9 Et je suis devenu grand et je me suis accru plus que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem ; et pourtant ma sagesse est demeurée avec moi. 10 Et quoi que mes yeux aient désiré, je ne les en ai point privés ; je n’ai refusé à mon cœur aucune joie, car mon cœur s’est réjoui de tout mon travail, et c’est là la part que j’ai eue de tout mon travail. 11 Et je me suis tourné vers toutes les œuvres que mes mains avaient faites, et vers tout le travail dont je m’étais travaillé pour [les] faire ; et voici, tout était vanité et poursuite du vent, et il n’y en avait aucun profit sous le soleil.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
J'ai fait de grands ouvrages, etc. Il ne passa pas son temps à des futilités, comme Domitien à attraper et tuer des mouches, mais à concevoir, dessiner, diriger et surveiller de grands ouvrages d'art et d'habileté, dignes de la grandeur de son état et de l'élévation de son esprit. Le Midrash restreint le propos à son grand trône d'ivoire recouvert d'or (1 Rois 10:18) ; mais l'expression est générale et embrasse toutes les grandes choses qu'il fit, dont voici l'énumération particulière ; […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Des parcs, littéralement : des paradis. Voir Néhémie 2.8 note.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Je me suis fait des jardins et des vergers, etc. Du jardin du roi, il est parlé en Jérémie 39:4. Adrichomius fait mention d'un jardin royal dans les faubourgs de Jérusalem, clos de murailles : véritable paradis d'arbres fruitiers, d'herbes, d'aromates et de fleurs, il abondait en fruits de toute espèce, au plus grand délice des sens. Et Salomon étant si grand botaniste, connaissant la nature et l'usage de toutes les espèces d'arbres et d'herbes (1 Rois 4:33), il ne fait aucun doute qu'il eut un jardin de simples, bien fourni de tout ce que ce domaine offre de curieux et d'utile (voir 1 Rois 21:2). […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Des réservoirs. Non pas l'étang du roi de Néhémie 2.14, qui, situé près de Siloé, n'aurait pas pu servir pour arroser, mais, d'après la tradition, les trois réservoirs situés dans le voisinage d'Etam (2Chroniques 11.6), aujourd'hui Artas ou Ortas. Là, non loin de Thékoa et de Bethléem, sur le haut plateau de Juda, se trouvent, à proximité d'une forteresse élevée plus tard, peut-être à l'époque sarrasine, pour les protéger, trois vasques qui font l'admiration de tous les voyageurs. Voir F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, page 284 et suivantes ; J.-Aug. Bost, Souvenirs d'Orient, page 193 et suivantes ; Lucien Gautier, Souvenirs de Terre-Sainte, pages 13 et 14. […]
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
Je me suis fait des réservoirs d'eaux, etc. Pour des cascades et des jeux d'eaux, aussi bien que pour conserver et produire des poissons de toute espèce. Il est fait mention des réservoirs du roi (Néhémie 2:14) ; les viviers de Hesbon, près de la porte de Bath-Rabbim, appartenaient peut-être à Salomon (Cantique 7:4). À un peu plus d'une lieue de Bethléem se trouvent des bassins que l'on appelle encore aujourd'hui les viviers de Salomon : ce sont de grands réservoirs taillés dans le roc, disposés bout à bout, le second un peu plus bas que le premier et le troisième que le second, en sorte qu'ils se communiquent l'eau de l'un à l'autre quand ils sont pleins ; M. […]
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Nés dans ma maison, et par là même particulièrement attachés leur maître (Genèse 14.14). Ou bien : augmentation toute gratuite de personnel.
J'eus aussi des troupeaux. Dans 1Rois 8.63, Salomon offre un sacrifice de 22 000 bufs et 120 000 moutons. Voir aussi 1Rois 4.23 : trente bufs et cent moutons par jour, pour la cuisine du palais.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
J'ai acquis des serviteurs et des servantes, etc. Serviteurs et servantes ; le Targum ajoute :
« des enfants de Cham, et du reste des peuples étrangers ; »
les uns loués à gages, les autres achetés de son argent ;
et j'ai eu des serviteurs nés dans ma maison - tous employés par lui, soit comme suite et équipage, gens d'escorte et gardes du corps ; soit au soin de sa maison, de ses jardins et de ses bassins ; soit pour ses chevaux et ses chars, et pour divers offices (voir 1 Rois 4:26,27 ; Esdras 2:58). Villalpandus évalue le nombre de ses serviteurs à quarante-huit mille. S'il est quelque plaisir et quelque bonheur dans une si nombreuse domesticité, Salomon l'eut ; […]
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Argent..., or, fruit des impôts (1Rois 10.14), des expéditions maritimes (1Rois 9.28), des présents (1Rois 10.10).
Les trésors des rois et des provinces : les choses rares et précieuses que les rois seuls peuvent se procurer et qui proviennent chacune de contrées spéciales.
Des chanteurs et des chanteuses : non pas pour le culte public mais pour la cour et les repas (2Samuel 19.35 ; Esaïe 5.12 ; Amos 6.5).
Des princesses en grand nombre, littéralement : une princesse et des princesses, une reine et des odalisques (1Rois 11.1).
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Je me suis aussi amassé de l'argent et de l'or, etc. En grandes quantités : le poids de l'or qui lui arrivait en une seule année était de six cent soixante-six talents (voir 1 Rois 9:14,28 ; 10:14,22,27) ;
et le trésor particulier des rois et des provinces - tout ce qu'il y a de précieux et de rare, tel qu'on le serre dans les cabinets des rois : joyaux et pierres précieuses, et toutes les choses rares et curieuses qui se trouvaient dans toutes les provinces de la terre, ou qui en étaient apportées comme présents. Le Targum porte :
« et les trésors des rois et des provinces, qui me furent donnés en tribut. » […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Et je devins grand. Voir 1Rois 10.23.
Ma sagesse me demeurant toujours : ne cessant d'exercer un contrôle sérieux sur moi-même. Voir déjà verset 3.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
Ainsi je devins grand, etc. Il devint fameux par les grands ouvrages qu'il avait accomplis, mentionnés plus haut ;
et je surpassai tous ceux qui furent avant moi à Jérusalem - le Targum ajoute : « en richesses » ; mais il semble s'agir plutôt de sa renommée et de sa gloire parmi les hommes ; encore que, d'une manière générale, cela puisse comprendre l'accroissement de sa fortune, de sa puissance et de ses honneurs, et de tout ce qui contribuait à son bonheur extérieur ;
et ma sagesse aussi demeura avec moi - le Targum ajoute : « et elle m'aida » ; sagesse qu'il exerça et fit paraître dans le gouvernement de son royaume, dans la conduite de sa maison, dans son maintien et sa tenue personnels. Au milieu de tous ses plaisirs, il ne négligea point l'étude de la connaissance naturelle, ni ne s'abandonna aux convoitises basses et coupables ; il n'en fut que meilleur juge du plaisir, et de la question de savoir si le vrai bonheur y réside ou non.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Il réussissait dans tout ce qu'il entreprenait. Il n'avait pas le désir seulement, l'espérance de jouir : la jouissance lui était accordée, il l'obtenait comme fruit de son travail. C'était là sa part.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Et tout ce que mes yeux désirèrent, je ne le leur ai point refusé, etc. Quoique ce sens seul soit mentionné, tous sont visés : il ne se refusa rien de ce qui lui agréait, de ce qui plaisait à l'œil, à l'oreille, au goût ou à tout autre sens ; il se satisfit en toutes choses, en observant la bienséance convenable et en se tenant dans les justes bornes de la sobriété et du bon sens ;
je n'ai refusé à mon cœur aucune joie - le Targum dit : « aucune joie de la loi » ; mais il faut l'entendre du plaisir naturel et de la satisfaction des sens, prise avec sagesse et modération ; […]
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Mais une part insuffisante et passagère. Le vide du cur n'était pas comblé. Expérience d'autant plus concluante que celui qui est sensé l'avoir faite n'a été entravé par rien dans l'exécution de ses projets.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
Puis j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et le travail auquel j'avais travaillé pour les faire, etc. Il les avait regardés, et contemplés, mainte et mainte fois, et y avait pris plaisir ; mais maintenant il s'assied et entre dans une considération sérieuse : quelles dépenses prodigieuses il avait faites ; quels soins et quelles pensées, quel labeur d'esprit il avait mis à concevoir, à dessiner et à porter ces ouvrages à leur perfection ; quel plaisir et quelles délices il y avait trouvés ; et quel bonheur, à tout prendre, en était résulté. […]
12 Et je me suis tourné pour voir la sagesse, et les choses déraisonnables et la folie ; car que fera l’homme qui viendra après le roi ? – ce qui a été déjà fait. 13 Et j’ai vu que la sagesse a un avantage sur la folie, comme la lumière a un avantage sur les ténèbres. 14 Le sage a ses yeux à sa tête, et le foue 14e ailleurs : sot, ici et v. 15-16. marche dans les ténèbres ; mais j’ai connu, moi aussi, qu’un même sort les atteint tous. 15 Et j’ai dit en mon cœur : Le sort du fou m’atteint, moi aussi ; et pourquoi alors ai-je été si sage ? Et j’ai dit en mon cœur que cela aussi est vanité. 16 Car jamais on ne se souviendra du sage, non plus que du fou, puisque déjà dans les jours qui viennent tout est oublié. Et comment le sage meurt-il comme le fou ? 17 Et j’ai haï la vie, parce que l’œuvre qui se fait sous le soleil m’a été à charge, car tout est vanité et poursuite du vent. 18 Et j’ai haï tout le travail auquel j’ai travaillé sous le soleil, parce que je dois le laisser à l’homme qui sera après moi. 19 Et qui sait s’il sera un sage ou un sotf 19f comme 10. 3. ? Et il sera maître de tout mon travail auquel j’ai travaillé et dans lequel j’ai été sage sous le soleil. Cela aussi est vanité.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
12 à 23 Vanité de l'activité de l'homme.
L'Ecclésiaste répond ici à une objection. Il vient d'avouer que sa royale activité ne l'a pas rendu vraiment heureux. Mais ces travaux grandioses, ces trésors accumulés, ce pouvoir solidement établi, ne sont-ils pas des gages de bonheur pour ses après-venants ? La mort l'arrachera lui-même à tous ses biens, mais ils ne seront pas pour cela perdus. Réponse : Un Salomon peut avoir pour successeur un Roboam, qui compromettra et ruinera tout par sa folie.
Début du verset 12, voir 1.17. Après la triste expérience qu'il vient de faire et qu'il ne servirait de rien de recommencer, car (fin du verset) personne ne pourrait la faire dans des circonstances aussi concluantes que Salomon, l'Ecclésiaste en revient à se demander si la sagesse présente vraiment quelque avantage sur la folie.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Et je me suis tourné pour considérer la sagesse, et la folie, et la sottise, etc. Déçu dans sa poursuite du plaisir, n'y ayant trouvé ni satisfaction ni bonheur, il s'en détourne et reprend son étude de la sagesse et de la connaissance naturelles, pour en faire un nouvel essai : voir s'il n'y aurait pas quelque chose qui eût échappé à ses premières recherches, et si, en repassant ce qu'il avait examiné, il ne trouverait pas plus de satisfaction qu'auparavant - convaincu du moins que la poursuite du plaisir rassasie moins que l'étude de la sagesse, et abandonnant pour cela l'une au profit de l'autre. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Oui, répond-il, car, si je l'avais entièrement sacrifiée, au lieu de lui demeurer attaché au milieu même de mon épicurisme, j'aurais fait absolument fausse route et je me serais perdu (verset 14). La sagesse fait éviter les précipices, même quand on cherche le bonheur dans la joie. Mais elle n'obvie pas à tous les inconvénients, elle n'abolit pas la mort (verset 15), et la gloire qu'elle procure est éphémère (verset 16). De là un dégoût profond de la vie (versets 17 et 18), renforcé par la crainte d'avoir pour héritier un insensé qui sera incapable de conserver seulement ce que vous aurez péniblement créé (verset 19).
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Puis j'ai vu que la sagesse a l'avantage sur la folie, etc. Toutefois, en repassant ces choses, il ne put s'empêcher de reconnaître que la sagesse et la connaissance naturelles, bien qu'il n'y eût en elles ni bonheur ni satisfaction véritables, surpassaient de beaucoup la folie et l'égarement ;
autant que la lumière a l'avantage sur les ténèbres - comme la lumière du jour l'emporte sur l'obscurité de la nuit : l'une est plaisante et délicieuse, l'autre fort incommode ; l'une sert à se diriger dans la marche, l'autre rend la marche périlleuse. La lumière signifie parfois la joie et la prospérité, et les ténèbres l'adversité ; l'une sert à exprimer la lumière de la grâce, l'autre les ténèbres du péché et de l'ignorance. Or, de même que la lumière naturelle surpasse les ténèbres, que la prospérité surpasse l'adversité et les calamités, et que l'état de grâce surpasse l'état de péché et de méchanceté, ainsi la sagesse surpasse la folie.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Les yeux à la bonne place. Comparez Proverbes 17.24.
L'insensé marche dans les ténèbres. Comparez Proverbes 4.19.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
Le sage a ses yeux à la tête, etc. Tout homme les y a ; mais le sens est qu'il en fait usage : il regarde autour de lui et marche avec circonspection ; il prend garde à ses pas, prévoit le mal et l'évite - ou le danger auquel il est exposé, et s'en garde. Certains l'entendent, en un sens plus spirituel et évangélique, du Christ, qui est la tête du corps qu'est l'Église et de tout vrai croyant : de quiconque est sage à salut, dont les yeux sont fixés sur lui seul pour la justice, le salut et la vie éternelle ; ou sur qui reposent les yeux du Christ, dont il est dit qu'il a sept yeux, par lesquels il guide, garde et protège son peuple ; […]
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Alors j'ai dit en mon cœur : comme il arrive à l'insensé, il m'arrivera à moi aussi, etc. À moi, le plus sage des rois et le plus sage des hommes. Il repassa ces choses dans son esprit, considéra ce qui lui était advenu, quel était son état présent, et quel serait son sort, surtout à la mort ; et il se dit en lui-même : les mêmes choses m'arrivent, à moi qui suis parvenu au plus haut degré de la sagesse, qu'au plus parfait insensé ; il ne peut donc y avoir de vrai bonheur dans cette sorte de sagesse. Le Targum le paraphrase ainsi : […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Le sage pourrait se consoler de la mort, qui l'atteindra aussi sûrement que l'insensé, par la pensée que sa mémoire du moins vivra parmi les hommes. Illusion ! Le temps viendra où il sera oublié comme l'insensé, et même oublié depuis longtemps. Par ce dernier trait l'Ecclésiaste insinue que l'oubli ne tarde guère. Il y a sans doute quelques exceptions, mais elles ne se produisent pas pour les sages plus souvent que pour les insensés.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Car il n'y a pas plus de souvenir du sage que de l'insensé, à jamais, etc. Le Targum l'interprète du monde à venir ; mais en ce monde même, le souvenir d'un sage ne dure pas toujours plus que celui d'un insensé. Le sage peut être choyé de son vivant, et même quelque temps après sa mort son souvenir peut se maintenir : sa renommée subsiste un peu, ses œuvres et ses écrits sont applaudis ; mais bientôt se lève un autre génie plus brillant que lui, ou du moins tenu pour tel, qui l'éclipse ; alors sa renommée s'obscurcit, ses écrits sont négligés et méprisés, et lui-même et ses œuvres sont ensevelis dans l'oubli - tel est le cours ordinaire des choses. […]
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
C'est pourquoi j'ai haï la vie, etc. Non au sens strict et absolu, la vie étant un don de Dieu, et une grande bénédiction - plus que le vêtement -, si chère à l'homme qu'il donnera tout ce qu'il possède pour elle ; mais par comparaison : en comparaison de la bonté de Dieu, qui vaut mieux que la vie ; ou en comparaison de la vie éternelle, pour la jouissance de laquelle l'homme de bien désire quitter ce monde. Le sens paraît être celui-ci : puisque la condition des sages et des insensés était égale, il en avait d'autant moins d'amour pour la vie, moins d'attachement à elle, moins de désir d'y demeurer, nul bonheur solide ne pouvant se goûter en rien de ce qui est sous le soleil. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
A l'homme qui viendra après moi. Voir 1Rois 11.9-13.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Oui, j'ai haï tout mon travail auquel j'avais travaillé sous le soleil, etc. Les grands ouvrages qu'il avait faits, les maisons qu'il avait bâties, les vignes, jardins et vergers qu'il avait plantés, etc. ; ce qu'il avait gagné par son labeur - ses richesses et ses biens - et ce qu'il avait acquis, non par le travail de ses mains, mais par celui de son esprit. Certains l'entendent des livres qu'il écrivit, qui furent une fatigue pour son corps et une lassitude pour son esprit, et dont il pouvait craindre que certains ne fissent mauvais usage ; Aben Ezra l'interprète de son travail sur ce livre même. À tout cela il n'attachait plus grand prix, puisqu'il fallait le laisser à un autre ; […]
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
19 à 23
Et qui sait... ? Si du moins on savait qu'ils seront sages, on se consolerait en se disant que d'autres profiteront de ce qu'on aura laissé. Cette troisième vanité est développée dans les versets 21 à 23. Non seulement le sage meurt comme l'insensé, non seulement sa mémoire périt comme celle du plus insignifiant des hommes, mais ce qu'il a exécuté avec intelligence et peine passe à qui, sans avoir travaillé, va dissiper ! Sagesse, gloire, vertu, vous n'êtes que de vains noms ! Dans l'excès de ses souffrances, Job en est venu à maudire le jour de sa naissance. Il y a ici quelque chose de plus poignant encore et de plus profondément triste. […]
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Et qui sait s'il sera sage ou insensé ? etc. Le roi qui viendra après lui, comme dit le Targum - son successeur et héritier ; et par conséquent, s'il fera bon ou mauvais usage de ce qui lui sera laissé, s'il le conservera et le fera fructifier, ou s'il le dissipera. Il donne à entendre que s'il eût été assuré que celui qui entrerait dans ses travaux serait un sage, il eût trouvé quelque satisfaction à avoir travaillé, et à ce qu'un tel homme en eût le bénéfice ; mais comme ce qu'il serait demeurait chose incertaine, il ne pouvait prendre aucun plaisir à repasser les travaux qu'il allait quitter. […]
20 Alors je me suis misg 20g litt. : tourné. à faire désespérer mon cœur à l’égard de tout le travail dont je me suis travaillé sous le soleil. 21 Car il y a tel homme qui a travaillé avec sagesse, et avec connaissance, et avec droitureh 21h ou : habileté. , et qui laisse [ce qu’il a acquis] à un homme qui n’y a pas travaillé, pour être son partage. Cela aussi est vanité et un grand mal.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
C'est pourquoi je me suis mis à faire désespérer mon cœur, etc. De trouver jamais le bonheur en quoi que ce soit d'ici-bas. Il « se retourna », selon la force du mot : il abandonna ses études sévères de la sagesse et ses poursuites avides du plaisir ; il renonça aux travaux pénibles auxquels il s'était employé ; il alla d'une chose à l'autre sans se fixer ni s'arrêter à rien, à dessein de détendre son esprit, comme le rend la version syriaque - de le dépouiller de toute pensée et de tout souci anxieux, et de le rappeler de ses entreprises vaines et stériles ; de n'être plus en peine ni en pensée
de tout le travail que j'avais pris sous le soleil - ni de ce qu'en seraient la suite et l'issue ; mais de laisser paisiblement le tout à une Providence toute sage qui dispose de tout ; et de ne plus chercher le bonheur en rien de ce qui est sous le soleil, mais dans les choses qui sont au-dessus de lui - non en ce monde, mais dans le monde à venir.
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
Car tel homme a travaillé avec sagesse, et avec connaissance, et avec droiture, etc. Qui fait tout ce qu'il fait - dans les choses naturelles, civiles et religieuses, dans l'État, dans sa famille et dans le monde, et en quelque affaire qu'il soit engagé - de la manière la plus sage et la meilleure, avec la plus entière honnêteté et intégrité, selon toutes les règles de la sagesse et de la connaissance, de la justice et de l'équité : c'est de lui-même qu'il parle ; le Midrash l'interprète de Dieu ; […]
22 Car qu’est-ce que l’homme a de tout son travail, et de la poursuite de son cœur, dont il s’est tourmenté sous le soleil ? 23 Car tous ses jours sont douleur, et son occupation est chagrin ; même la nuit son cœur ne repose pas. Cela aussi est vanité.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
Car que revient-il à l'homme de tout son travail, et du tourment de son cœur ? etc. Quel profit en retire-t-il, quand il y a tant de tourment à l'acquérir, et dans la pensée de le laisser à d'autres ? Quel avantage y trouve-t-il, quand tout est acquis pour un autre et possédé par lui ? Et surtout, de quel usage cela lui est-il après sa mort ?
De tout ce en quoi il a travaillé sous le soleil ? - le Targum ajoute : « en ce monde » ; quoiqu'il ait travaillé tous ses jours, il n'est pas une seule chose acquise par son labeur qui lui soit d'un avantage réel, qui puisse lui procurer quelque consolation et satisfaction solides, lui apporter le vrai bonheur ou l'y conduire.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Car tous ses jours ne sont que douleurs, et son occupation n'est que chagrin, etc. Tous ses jours sont pleins de douleurs, et de douleurs variées ; et toutes les affaires et transactions de sa vie s'accompagnent de chagrin et de peine. Non seulement les jours de la vieillesse sont mauvais, où l'on ne peut prendre aucun plaisir - ou ces temps qui excèdent l'âge commun de l'homme, quand il est parvenu à quatre-vingts ans ou davantage, et que sa force n'est plus que labeur et douleur -, mais tous ses jours, qu'ils soient nombreux ou non, depuis sa jeunesse, sont tous mauvais et pleins de peine (Genèse 47:9 ; Job 14:1) ; […]
24 Il n’y a rien de bon pour l’homme que de manger et de boire, et de faire jouir son âme du bien-être dans son travail. Et j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu . 25 Car qui peut manger, et qui peut jouir plus que moi ? 26 Car à l’homme qui est bon devant lui, [Dieu ] donne sagesse et connaissance et joie ; mais à celui qui pèche, il donne l’occupation de rassembler et d’amasser, pour donner à celui qui est bon devant Dieu . Cela aussi est vanité et poursuite du vent.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
2.24 à 3.15 Deuxième morceau
Au lieu de chercher le bonheur et de le poursuivre sur la voie de la sagesse, de la folie, ou de la jouissance accompagnée d'une dévorante activité, attendons-le en repos comme venant de la main de Dieu, et en accommodant à chaque instant notre activité aux indications de la Providence, qui varient d'heure en heure.
Jusqu'ici l'Ecclésiaste a agi comme quelqu'un qui estime que le bonheur dépend de l'homme. Les expériences qu'il vient de raconter lui ont montré que c'est là une erreur.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
Il n'y a rien de meilleur pour l'homme que de manger et de boire, etc. Non de manière immodérée et voluptueuse, comme l'épicurien et l'athée, qui ne croient ni à un état futur ni à la résurrection des morts, et s'abandonnent à toutes les satisfactions coupables et sensuelles ; mais avec mesure, jouissant d'une manière gaie et paisible des bonnes créatures de Dieu, qu'il a données ; s'en contentant, lui en rendant grâces, et les regardant comme les bénédictions de la bonté divine et comme découlant de l'amour de Dieu pour lui - en usant ainsi librement, sans pourtant en abuser. Certains traduisent : « il n'est pas bon pour l'homme de manger », etc. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Tel que nous le rendons, pour rester fidèles au texte reçu, ce verset rappelle la fin du verset 12 et signifie : Mes expériences sont d'autant plus probantes que, s'il y a eu un homme au monde qui ait eu à sa disposition toutes les conditions terrestres de bonheur, c'est moi, Salomon.
Mais plusieurs manuscrits, au lieu de plus que moi (mimmenni) présentent la leçon : si ce n'est par lui (mimmennou), qui est celle qu'ont eue sous les yeux les Septante et le traducteur syriaque. Personne ne peut rien faire sans Dieu. Pour réussir, il ne faut se proposer qu'une chose : suivre les indications divines, sans se faire à soi-même un plan de conduite d'après ses vues propres. […]
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
Car qui peut manger ? etc. Qui devrait manger, sinon l'homme qui a travaillé pour cela ? Ou : qui a le pouvoir de manger - c'est-à-dire de jouir avec gaieté, aise et liberté des bonnes choses de la vie qu'il possède -, si cela ne lui est donné de Dieu ? (voir Ecclésiaste 6:1,2) ;
et qui peut s'y empresser plus que moi ? - le mot « chush », dans la langue rabbinique, s'emploie des cinq sens : la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût ; et R. […]
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Dieu est le seul distributeur du bonheur ; mais il le donne et ne se le laisse pas arracher. Et il le donne à qui il lui plaît.
Mais au pécheur... Le pécheur est opposé à l'homme qui plaît à Dieu. L'Ecclésiaste ne veut pas qu'on puisse l'accuser de fatalisme. Qui dit bonheur, dit en général vertu.
Ceci aussi est vanité. Ces mots se rattachent, par dessus le début du verset 26, aux versets 24 et 25. Ce serait se condamner à une poursuite stérile que de compter, pour se procurer le bonheur, sur ses propres forces.
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
Car Dieu donne à l'homme qui lui est agréable, etc. Nul homme n'est bon de lui-même ou par nature : tous les descendants d'Adam sont mauvais, très mauvais. Il en est qui sont bons à leurs propres yeux et aux yeux des autres, sans être pourtant véritablement bons ; ne sont réellement bons que ceux qui le sont aux yeux de Dieu, qui voit le cœur et sait ce qui est dans l'homme : ceux que sa grâce efficace a rendus bons ; qui le sont intérieurement, et non en apparence seulement ; qui sont bons de cœur, qui ont un cœur bon, un cœur pur, un esprit nouveau et droit créé en eux ; en qui s'accomplit une bonne œuvre de grâce, et dans le cœur desquels les diverses grâces de l'Esprit sont implantées ; […]