Car qui peut manger ? etc. Qui devrait manger, sinon l'homme qui a travaillé pour cela ? Ou : qui a le pouvoir de manger - c'est-à-dire de jouir avec gaieté, aise et liberté des bonnes choses de la vie qu'il possède -, si cela ne lui est donné de Dieu ? (voir Ecclésiaste 6:1,2) ;
et qui peut s'y empresser plus que moi ? - le mot « chush », dans la langue rabbinique, s'emploie des cinq sens : la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût ; et R. Élie rapporte que certains l'interprètent ici : « qui a le sens meilleur que moi ? » - un sens plus vif, en particulier pour sentir et goûter ce qu'on mange, en quoi réside une grande part du plaisir de la table ; et cela vient de Dieu : interprétation qui n'est point à dédaigner. Ou : « qui peut apprêter » - selon le sens arabe du mot - une meilleure table que moi ? Nul homme n'eut une plus grande affluence de biens que Salomon, ni une plus grande variété de mets et de boissons ; nul n'eut davantage en son pouvoir de vivre largement et de faire jouir son âme du bien-être ; nul ne fut plus désireux de goûter au plaisir, ni plus prompt à en faire l'expérience de la manière convenable. Et pourtant il trouva que le cœur de le faire venait du Seigneur ; que c'était là un de ses dons ; et que, tout comblé qu'il fût des bénédictions de la vie, si Dieu ne lui eût donné un cœur pour en user, il n'en eût jamais réellement joui.