Il n'y a rien de meilleur pour l'homme que de manger et de boire, etc. Non de manière immodérée et voluptueuse, comme l'épicurien et l'athée, qui ne croient ni à un état futur ni à la résurrection des morts, et s'abandonnent à toutes les satisfactions coupables et sensuelles ; mais avec mesure, jouissant d'une manière gaie et paisible des bonnes créatures de Dieu, qu'il a données ; s'en contentant, lui en rendant grâces, et les regardant comme les bénédictions de la bonté divine et comme découlant de l'amour de Dieu pour lui - en usant ainsi librement, sans pourtant en abuser. Certains traduisent : « il n'est pas bon pour l'homme de manger », etc. - immodérément et à l'excès, et d'y placer son bonheur ; ou : « il n'y a point de bien au pouvoir de l'homme » - il n'est pas au pouvoir de l'homme d'user droitement des créatures. Jarchi le rend par interrogation : « n'est-il pas bon ? » - ce qui revient au même sens que le nôtre ; ainsi encore la Vulgate latine ;
et de faire jouir son âme du bien-être au milieu de son travail - non de cesser de travailler, ni de manger et de boire ce pour quoi il n'a pas travaillé, ou ce qui est le fruit du travail d'autrui ; mais ce qui est l'effet du sien propre, et dans lequel il persévère ; et c'est là le moyen de le poursuivre avec entrain, quand il en goûte le bien et en recueille le bénéfice et l'avantage - parti certainement préférable à celui d'entasser son bien pour le laisser à il ne sait qui.
J'ai vu aussi que cela vient de la main de Dieu - non seulement les richesses qu'un homme possède, mais la jouissance qu'il en a, le cœur d'en faire usage (voir Ecclésiaste 5:18,19). Le Midrash interprète ce manger et ce boire de la loi et des bonnes œuvres ; et le Targum l'explique ainsi : faire jouir son âme du bien de pratiquer les commandements et de marcher dans les voies droites ; et il observe que si un homme prospère en ce monde, cela vient de la main du Seigneur, et c'est ce qui a été décrété à son sujet.