Car Dieu donne à l'homme qui lui est agréable, etc. Nul homme n'est bon de lui-même ou par nature : tous les descendants d'Adam sont mauvais, très mauvais. Il en est qui sont bons à leurs propres yeux et aux yeux des autres, sans être pourtant véritablement bons ; ne sont réellement bons que ceux qui le sont aux yeux de Dieu, qui voit le cœur et sait ce qui est dans l'homme : ceux que sa grâce efficace a rendus bons ; qui le sont intérieurement, et non en apparence seulement ; qui sont bons de cœur, qui ont un cœur bon, un cœur pur, un esprit nouveau et droit créé en eux ; en qui s'accomplit une bonne œuvre de grâce, et dans le cœur desquels les diverses grâces de l'Esprit sont implantées ; qui ont en eux le bon Esprit de Dieu, dans le cœur desquels Christ habite par la foi ; en qui demeure la bonne parole du Christ, et qui possèdent un bon trésor de riches expériences de la grâce de Dieu ; qui, en un mot, sont nés de nouveau, renouvelés dans l'esprit de leur intelligence, et vivent par la foi en Jésus-Christ. La même expression est rendue « celui qui plaît à Dieu » (Ecclésiaste 7:26) ; et tel est l'homme accepté de Dieu en Christ, son Fils bien-aimé, en qui il a mis toute son affection ; revêtu de sa justice, rendu beau de sa beauté, et par là irrépréhensible à ses yeux ; qui par la foi regarde à cette justice et la saisit, et fait tout ce qu'il fait dans l'exercice de la foi, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu. À un tel homme Dieu donne
la sagesse, la connaissance et la joie - la sagesse pour acquérir la connaissance, la garder, en user et la faire fructifier ; et la joie, pour être gai et reconnaissant des bonnes choses de la vie. Ou plutôt, il peut s'agir non de la sagesse naturelle, mais de la sagesse spirituelle - la sagesse dans le cœur, celle qui rend sage à salut et fait marcher avec sagesse et circonspection, les pas de l'homme de bien étant affermis par le Seigneur ; de la connaissance de Dieu en Christ, et du Christ, et des choses de l'Évangile, de celles qui regardent la vie éternelle ; et pareillement de la joie spirituelle - la joie et la paix dans la foi, dans la présence de Dieu et dans la communion avec lui ; la joie en Christ et dans l'espérance de la gloire de Dieu, joie ineffable et pleine de gloire. Toutes choses que Dieu, plus ou moins, à un moment ou à un autre, donne à ceux qui sont véritablement bons, et qui ne se trouvent ni dans la sagesse du monde, ni dans le plaisir, ni dans les richesses, ni dans le pouvoir et l'autorité. Le Targum porte :
« à l'homme dont les œuvres sont droites devant Dieu, il donne la sagesse et la connaissance en ce monde, et la joie avec les justes dans le monde à venir ; »
mais au pécheur il donne la tâche de recueillir et d'amasser - de recueillir le mammon et d'amasser une grande possession, comme dit le Targum ; de rassembler force richesses, mais sans la sagesse ni la connaissance pour en user, sans en avoir la jouissance véritable ni y trouver de plaisir : tout ce qu'il possède, c'est un surcroît de peine et de souci pour acquérir des richesses dont il ne tire aucune consolation, et qu'il ne détient pas pour son propre usage. Le Midrash illustre ce contraste de l'homme de bien et du pécheur par les exemples d'Abraham et de Nimrod, d'Isaac et d'Abimélec, de Jacob et de Laban, des Israélites et des Cananéens, d'Ézéchias et de Sanchérib, de Mardochée et d'Haman. Mais
c'est pour donner à celui qui est agréable à Dieu - ainsi la Providence divine ordonne-t-elle parfois que tout ce pour quoi un méchant a peiné tous ses jours vienne aux mains d'hommes véritablement bons, qui feront droit usage de ce qui leur est remis.
Cela aussi est vanité et rongement d'esprit - non pour l'homme de bien, mais pour le méchant. Ainsi le Targum :
« c'est vanité pour le pécheur, et brisement d'esprit ; »
il lui est amer qu'un tel homme doive posséder ce pour quoi il a peiné - ou il lui serait amer, s'il le savait.