Alors j'ai dit en mon cœur : comme il arrive à l'insensé, il m'arrivera à moi aussi, etc. À moi, le plus sage des rois et le plus sage des hommes. Il repassa ces choses dans son esprit, considéra ce qui lui était advenu, quel était son état présent, et quel serait son sort, surtout à la mort ; et il se dit en lui-même : les mêmes choses m'arrivent, à moi qui suis parvenu au plus haut degré de la sagesse, qu'au plus parfait insensé ; il ne peut donc y avoir de vrai bonheur dans cette sorte de sagesse. Le Targum le paraphrase ainsi :
« comme il arriva à Saül, fils de Kis, le roi qui se détourna avec perversité et ne garda pas le commandement qu'il avait reçu touchant Amalek, en sorte que son royaume lui fut ôté - ainsi m'arrivera-t-il ; »
et pourquoi ai-je donc été plus sage ? - le Targum ajoute : que lui, ou que tout autre homme, ou même qu'un insensé. Pourquoi ai-je pris tant de peine pour acquérir la sagesse ? Qu'y ai-je gagné ? Quel bonheur s'y trouve, puisqu'elle ne me donne ni avantage, ni prééminence, ni excellence sur un insensé, et ne me garantit pas des événements qui m'atteignent ?
Alors j'ai dit en mon cœur que cela aussi est vanité - cette sagesse mondaine n'a rien de solide ni de substantiel, non plus que le plaisir ; et c'est chose vaine que d'y chercher le bonheur, puisque tel est le cas : les mêmes événements atteignent ceux qui la possèdent et celui qui ne la possède pas.