Le sage a ses yeux à la tête, etc. Tout homme les y a ; mais le sens est qu'il en fait usage : il regarde autour de lui et marche avec circonspection ; il prend garde à ses pas, prévoit le mal et l'évite - ou le danger auquel il est exposé, et s'en garde. Certains l'entendent, en un sens plus spirituel et évangélique, du Christ, qui est la tête du corps qu'est l'Église et de tout vrai croyant : de quiconque est sage à salut, dont les yeux sont fixés sur lui seul pour la justice, le salut et la vie éternelle ; ou sur qui reposent les yeux du Christ, dont il est dit qu'il a sept yeux, par lesquels il guide, garde et protège son peuple ;
mais l'insensé marche dans les ténèbres - ses yeux sont au bout de la terre ; il marche sans précaution, sans circonspection ni garde ; il ne sait ni où il est, ni où il va, ni où il posera le pied, ni contre quoi il pourra trébucher. Le sage est donc préférable à l'insensé, comme la sagesse à la folie. Le Midrash interprète le sage d'Abraham, et l'insensé de Nimrod ;
et j'ai reconnu, moi aussi, qu'un même sort les atteint tous - le sage et l'insensé ; ou « mais j'ai reconnu », etc. : quoiqu'il soit accordé que le sage vaut mieux que l'insensé, il faut avouer aussi ceci, que l'expérience de Salomon prouva et que prouve celle de tout homme : les mêmes choses arrivent aux sages et aux insensés ; ils sont sujets aux mêmes maladies du corps et aux mêmes désastres de la vie, à la pauvreté et à la détresse, à la perte des biens, des enfants et des amis - et à la mort même.