C'est pourquoi j'ai haï la vie, etc. Non au sens strict et absolu, la vie étant un don de Dieu, et une grande bénédiction - plus que le vêtement -, si chère à l'homme qu'il donnera tout ce qu'il possède pour elle ; mais par comparaison : en comparaison de la bonté de Dieu, qui vaut mieux que la vie ; ou en comparaison de la vie éternelle, pour la jouissance de laquelle l'homme de bien désire quitter ce monde. Le sens paraît être celui-ci : puisque la condition des sages et des insensés était égale, il en avait d'autant moins d'amour pour la vie, moins d'attachement à elle, moins de désir d'y demeurer, nul bonheur solide ne pouvant se goûter en rien de ce qui est sous le soleil. Certains pensent néanmoins qu'il était véritablement las de la vie, qu'il la supportait avec impatience, comme le furent Job, Jonas et d'autres. Le Targum porte :
« je hais toute vie mauvaise ; »
Alshech l'interprète des biens de ce monde, qui furent pour lui cause de dommage ; et Aben Ezra entend par la vie les personnes vivantes ;
parce que l'œuvre qui se fait sous le soleil m'était à charge - œuvre faite soit par lui-même - en particulier ses études ardues et ses poursuites avides de la connaissance et de la sagesse, qui furent une lassitude pour sa chair -, soit par d'autres, et surtout les œuvres mauvaises. Ainsi le Targum :
« car mauvaise m'est l'œuvre mauvaise, qui se fait par les enfants des hommes sous le soleil en ce monde ; »
car tout est vanité et rongement d'esprit - voir le commentaire sur Ecclésiaste 1:14.