Je me suis aussi amassé de l'argent et de l'or, etc. En grandes quantités : le poids de l'or qui lui arrivait en une seule année était de six cent soixante-six talents (voir 1 Rois 9:14,28 ; 10:14,22,27) ;
et le trésor particulier des rois et des provinces - tout ce qu'il y a de précieux et de rare, tel qu'on le serre dans les cabinets des rois : joyaux et pierres précieuses, et toutes les choses rares et curieuses qui se trouvaient dans toutes les provinces de la terre, ou qui en étaient apportées comme présents. Le Targum porte :
« et les trésors des rois et des provinces, qui me furent donnés en tribut. »
Aussi, s'il naît quelque plaisir de ces choses, comme il en naît pour les curieux, Salomon en jouit. Parmi les trésors des rois figuraient d'ailleurs des vêtements précieux de diverses sortes, comme il s'en trouvait dans le trésor d'Assuérus ; et lorsqu'Alexandre prit Suse, il trouva dans les trésors du roi, en pourpre hermionique, pour la valeur de cinq mille talents, qui y étaient serrés depuis près de deux cents ans ; c'est à de tels trésors que le Christ fait allusion (Matthieu 6:19) ;
je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses - l'harmonie et la musique des voix charment grandement (voir 2 Samuel 19:35). Le Targum l'interprète à la fois des instruments de musique à l'usage des Lévites dans le temple, et des chanteurs et chanteuses des festins ; de telles personnes étaient employées aussi chez d'autres nations en pareilles occasions, pour le divertissement des convives, et sont appelées les ornements des festins - comme l'étaient aussi les « choraules », ou joueurs de flûte ;
et les délices des fils des hommes : des instruments de musique de toute sorte - tels que David son père en avait inventés, auxquels il put en ajouter d'autres, et il se procura en vérité tous ceux qui se pouvaient obtenir (voir Amos 6:5). Les deux derniers mots, rendus par « instruments de musique de toute sorte », sont interprétés diversement : le Targum les entend d'eaux chaudes et de bains, munis de conduits pour l'eau chaude et l'eau froide ; Aben Ezra, de femmes prises en captivité ; Jarchi, de chars et de chariots couverts ; la Septante, les versions syriaque et arabe, d'échansons, hommes et femmes, qui versent le vin et le servent ; la Vulgate latine, de coupes et de vases à verser le vin. Le mieux paraît être de l'entendre d'instruments de musique, ou de compositions musicales, chantées soit à voix seule, soit en concert ; lesquelles, selon Bochart, furent appelées « sidoth » du nom de Sido, femme phénicienne de grand renom qui les inventa - ou plutôt de ce qu'elles rendent des sons inégaux qui, par leur mélange et leur tempérament plein d'agrément, se brisent et se détruisent l'un l'autre.