Le séjour des morts et l'abîme sont devant le Seigneur ; ou « le tombeau », qui est la fosse de la destruction, où les corps déposés se décomposent et sont détruits par les vers : cela est connu du Seigneur, jusqu'à la tombe de chaque homme depuis le commencement - celles d'Adam, d'Abel, d'Abraham ; il sait où repose leur poussière et il la relèvera au dernier jour. L'Hadès, l'état invisible des défunts, comme traduit la Septante, lui est manifeste : il sait où sont les esprits qui ont quitté ce monde, quelle est leur condition et leur occupation. De même le lieu et l'état des damnés, ce qu'on appelle « l'enfer », et qu'on peut appeler « l'abîme », où l'âme et le corps sont détruits par le Seigneur d'une ruine éternelle, et qui est le terme où mène la large route du péché. Nous ignorons où est ce lieu, qui s'y trouve et quels tourments on y endure ; tout cela est pourtant sous les yeux du Seigneur et lui est connu : le bûcher est préparé depuis longtemps, et le feu éternel est préparé par le Seigneur pour le diable et pour les méchants (voir Job 26:6).
Combien plus les cœurs des fils des hommes ! Ces cœurs, quoique désespérément mauvais, lui sont connus, à lui qui sonde les cœurs et éprouve les reins des fils des hommes. Celui à qui le séjour des morts est à nu et qui peut plonger le regard dans ces ténèbres extérieures, dans cette obscurité épaisse, peut bien regarder dans le cœur de l'homme, ce second enfer où se trouve toute espèce de mal, et l'observer tout entier ; il n'a besoin du témoignage de personne, il sait ce qui est dans l'homme, toutes ses pensées secrètes, ses desseins coupables, ses projets et ses machinations (voir Jérémie 17:9,10 ; Jean 2:25 ; Hébreux 4:12,13).