« Honore le Seigneur avec tes biens » - Ou « de tes biens » [61] : car ce qu'on donne doit être à soi, et non à autrui - d'où « tes biens » ; ou, comme la Septante, « de tes justes labeurs » : ce qui est acquis honnêtement et légitimement, non par fraude et oppression. Et ce n'est qu'une partie qui est demandée, non le tout : ce qu'on peut prudemment distraire de son avoir, en proportion de sa fortune, et qui suffit et convient à l'appel de la Providence. Les « biens » d'un homme, ce sont ses richesses, son « mammon », comme dit le Targum - qui, comparées aux choses célestes, n'ont à vrai dire aucune substance ; mais ce sont des biens de ce monde, qui comptent ; et comme Dieu en a honoré les hommes, ils doivent l'honorer en retour avec eux : en donnant aux pauvres, surtout à ses pauvres saints - car opprimer les pauvres, c'est outrager Dieu, et leur faire miséricorde, c'est l'honorer (Proverbes 14:31) ; et surtout en contribuant au soutien de son culte, au maintien de la cause et du crédit de la religion, et à la diffusion de l'Évangile ; et particulièrement en donnant à ses ministres le « double honneur » qui leur est dû - ce que le Seigneur, quand on le leur donne, tient pour fait à lui-même, pour un honneur qu'on lui rend (1 Timothée 5:17).
« et avec les prémices de tout ton revenu » - Ou « du meilleur de tout ton revenu » [62] : Dieu doit avoir le meilleur, et en premier. L'allusion est soit à l'entretien des prêtres et des lévites sous la loi, et à la manière de le faire - entre autres sur le produit annuel de la terre et ses prémices - ce qui peut viser le soutien convenable des ministres de l'Évangile sous l'économie présente (voir 1 Corinthiens 9:13-14) ; soit aux prémices de toute espèce offertes au Seigneur, et à la fête célébrée en son honneur à la rentrée des fruits de la terre (Lévitique 23:10, 17, 39). Il y avait même autrefois chez les païens quelque chose de semblable : Aristote dit [63] que les sacrifices et les assemblées antiques furent institués comme des prémices, après la récolte des fruits, temps où l'on cessait particulièrement de travailler.
Notes
[61] Ænwhm « e substantia tua », Montanus ; « de substantia tua », Baynus, Junius & Tremellius, Piscator ; « de divitiis tuis », Mercerus, Gejerus ; « de opibus tuis », Tigurine version, Cocceius, Michaelis, Schultens.
[62] Ætawbt lk tyçarm « de praecipuo totius proventus tui », Junius & Tremellius.
[63] Ethic. l. 8. c. 11.