Que celui qui est simple entre ici : dans la maison de la Sagesse, si bien bâtie et si bien pourvue, c'est-à-dire dans l'Église du Christ, considérée comme une maison d'enseignement, une école où ceux qui sont « simples », faibles et sans jugement peuvent apprendre. Il s'y trouve beaucoup de maîtres : les fidèles s'y instruisent les uns les autres ; les serviteurs de la Parole y sont des enseignants ; et le Père, le Fils et l'Esprit y enseignent eux-mêmes, et nul n'enseigne comme eux. Il y a là beaucoup de leçons à apprendre : sur soi-même, sur le Christ, et sur ce qu'on doit à Dieu et aux hommes ; et tous peuvent y apprendre, ceux qui savent beaucoup comme ceux qui savent peu. Ou bien : qu'il entre ici comme dans une auberge, où les voyageurs s'arrêtent pour se restaurer (voir Proverbes 9:15,16). Les saints sont des voyageurs ici-bas, loin de la maison de leur Père, et ils ont besoin de se refaire en chemin ; l'Église de Dieu est une auberge bien pourvue : il y a de la place pour les recevoir, un logement sûr où se reposer, de bonnes provisions, et tout cela gratuitement. Ce sont donc là les paroles de la Sagesse, c'est-à-dire du Christ, soit en personne, soit par ses servantes, ses serviteurs, invitant les « simples » à entrer et à prendre part aux mets qui s'y trouvent. Il ne s'agit pas de ceux qui sont complètement abrutis et insensibles, obtus, incorrigibles et irrécupérables, mais de ceux qui ont conscience de leur sottise et de leur naïveté : ceux qui n'ont que peu de moyens, qui croient facilement ce qu'on leur dit, et qu'on trompe et abuse aisément.
Et à celui qui manque d'intelligence. Non pas de la faculté naturelle de comprendre, ni de l'intelligence des choses naturelles et civiles, mais de l'intelligence des choses spirituelles et évangéliques : la grâce de Dieu, le salut par le Christ, l'œuvre de l'Esprit, leur propre état, l'Évangile et ses mystères. Il s'agit de ceux qui ont conscience de leur ignorance et de leur manque d'intelligence - car c'est la première chose dont l'Esprit de Dieu convainc les hommes -, ou de ceux qui en manquent par comparaison avec d'autres, étant faibles en connaissance et en expérience. Or, ceux-là, le Christ ne les méprise pas : il les invite chez lui pour les instruire. Et où pourraient-ils être mieux ? Et qui serait plus à sa place ici, auprès de la Sagesse, que des gens comme eux ?
Elle lui dit - ce qui suit.