Mon fruit vaut mieux que l'or, même que l'or fin. L'image est celle du fruit qui pousse sur les arbres, la Sagesse, c'est-à-dire le Christ, étant un arbre de vie (voir Gill sur « Proverbes 3:18 ») ; il est d'ailleurs comparé à d'autres arbres (Cantique 2:3 ; Osée 14:8). Son « fruit », ce sont les bienfaits de la grâce : rédemption, réconciliation, pardon, justification, adoption, vie éternelle ; ils sont à lui par alliance, il les a obtenus, et c'est de lui qu'ils nous viennent. Ce sont aussi les grâces de son Esprit, appelées elles aussi des fruits - foi, espérance, amour, etc. - dont il est l'auteur et l'objet ; et jusqu'aux bonnes œuvres, qui sont les fruits de sa grâce : elles sont faites en vertu de l'union avec lui, par sa force, et rapportées à sa gloire. Or tout cela - et surtout sa grâce et les bienfaits qui l'accompagnent - vaut mieux que l'or le plus fin : cela a plus de valeur intrinsèque et plus d'excellence ; c'est plus utile et plus profitable, puisqu'il y va du bien de nos âmes immortelles ; c'est plus rassasiant et plus durable ; et cela ne peut pas s'acheter avec une chose aussi périssable que l'or.
Et mon revenu vaut mieux que l'argent de choix. Si le mot précédent évoquait les fruits qui poussent sur les arbres, celui-ci évoque ceux qui lèvent de la semence mise en terre (voir Lévitique 23:39, où le même mot est employé, et Jérémie 12:13, où il est aussi traduit par « revenu »). Le Christ lui-même est comparé à une semence, ainsi que sa parole (Jean 12:24 ; Luc 8:11), et le fruit ou le revenu qui en provient est le même que précédemment. Ou bien l'image renvoie au profit tiré des richesses, des propriétés et de leur rente annuelle, ou de l'argent placé et fructifiant par le commerce, ce qui rejoint le gain et le négoce de la sagesse (voir Gill sur « Proverbes 3:14 »). Aben Ezra construit la phrase ainsi : « mon revenu est plus précieux que l'argent » ; mais notre version est meilleure.