Avec moi sont la richesse et la gloire. Par « richesse », il ne faut pas entendre les richesses de la personne du Christ - les perfections de sa nature, ses œuvres, son immense empire sur toutes les créatures et les revenus qui en découlent - car, bien que durables, elles ne se communiquent pas ; ni les richesses matérielles, qui sont bien à lui et à sa disposition, mais dont son peuple ne reçoit pas, du moins pas en masse ni pour tous, la plus grande part, et qui d'ailleurs ne durent pas. Il s'agit des richesses de la grâce - la grâce qui rachète, justifie, pardonne et sanctifie - et des richesses de la gloire dans l'autre monde. De même, la « gloire » ne désigne pas celle qu'il a comme personne divine, ni celle qu'il a comme Médiateur, qui ne se communique pas ; encore moins les honneurs de ce monde, car, même s'ils viennent de lui et sont à sa disposition, comme le montre la suite (Proverbes 8:15,16), ils ne sont généralement pas donnés à ses disciples, qui ne sont pas les grands ni les nobles, mais passent plutôt pour le rebut de tout ; et cet honneur-là ne dure pas. Non : l'honneur qu'il donne aux siens, c'est d'être unis à lui, d'être par lui fils de Dieu, d'être faits par lui rois et prêtres pour Dieu, et de régner avec lui ici-bas et pour toujours.
Des biens durables et la justice. Certains prennent ce dernier mot comme une autre qualification de la richesse, et l'opposent au « mammon d'injustice », c'est-à-dire aux richesses mal acquises ou mal employées ; ce serait alors une propriété supplémentaire des richesses de grâce et de gloire du Christ : elles lui sont venues par des voies justes, et il les distribue avec fidélité. Il vaut pourtant mieux y voir une chose distincte, qui est auprès du Christ et qu'il a en main pour la donner : sa justice justifiante, faite de son obéissance active et passive, qu'il a accomplie, qui est en lui, et qu'il donne aux siens ; c'est celle qu'on appelle la justice de Dieu et la justice de la foi ; elle met à l'abri de la condamnation et donne droit à la vie éternelle ; et elle est éternelle, aussi durable que ses richesses, qui sont sa plénitude et qui demeurent toujours en lui. Le pardon est donné « d'un coup » et « une fois pour toutes », et pour toujours ; la grâce sanctifiante - foi, espérance, amour - demeure toujours ; quant aux richesses de la gloire, leur permanence ne fait aucun doute. Et l'on peut en dire autant de l'honneur, ici-bas comme dans l'au-delà.