J'aime ceux qui m'aiment. Ceux qui aiment le Christ sont ceux qui sont nés de nouveau, et qui ont de lui une connaissance spirituelle et vécue ; ceux qui croient en lui, qui ont vu sa beauté, qui ont eu son amour répandu dans leur cœur et qui ont entrevu sa plénitude et sa parfaite convenance ; qui ont quelque idée réconfortante de ce qui les lie à lui et de la part qu'ils ont en lui, et à qui il est accordé de vivre en communion avec lui. L'amour dont ces âmes aiment le Christ jaillit du fond de leur cœur, il est sincère et cordial ; il le préfère à tout, à toutes les créatures, anges ou hommes, et à toutes les jouissances créées ; il s'étend à tout ce qui est du Christ, à tout ce qui lui appartient et à tous ceux qui sont à lui ; et même s'il peut faiblir, se relâcher et perdre de sa ferveur, il ne peut pas se perdre ; il est très agréable au Christ, qui en fait grand cas. Cet amour se manifeste par une profonde vénération pour les vérités et les doctrines de son Évangile ; par un soin scrupuleux à observer ses commandements et ses ordonnances ; par une affection cordiale pour son peuple ; par la disposition à tout quitter et à tout supporter pour lui ; par la crainte de l'offenser et de perdre sa compagnie ; par un désir ardent de sa présence et une joie à en jouir, et par le chagrin ressenti quand il s'absente ; par une recherche assidue de lui, dans l'usage des moyens, jusqu'à ce qu'on le trouve, et par la joie qu'on éprouve à le trouver. Or ceux-là, le Christ les aime - non qu'il se mette à aimer les siens au moment où ils se mettent à l'aimer, car il les a aimés de toute éternité, comme le montrent le fait qu'il se soit engagé pour eux, qu'il ait pris leur cause en main, et qu'il ait pris en charge, si tôt, leurs personnes, leur grâce et leur gloire ; comme le montrent aussi le fait qu'il ait pris leur nature dans le temps, et qu'il ait souffert et soit mort pour eux - tout cela avant qu'ils n'aient eu le moindre amour pour lui. Mais ces mots désignent et décrivent ceux qui peuvent être assurés de l'amour du Christ pour eux, puisque leur amour pour lui vient de l'amour qu'il a pour eux. De plus, ils annoncent de nouvelles manifestations de son amour, et la permanence de celui-ci ; ils laissent aussi entendre qu'il a encore d'autres bienfaits à leur accorder, comme autant de marques nouvelles de son affection : leur donner sa présence pleine de grâce, leur donner plus de grâce, faire concourir toutes choses - même les afflictions - à leur bien, les garder de tomber, et leur donner enfin la gloire et le bonheur éternels ; voir Jean 14:21-23.
Et ceux qui me cherchent dès le matin me trouvent. Ce sont ceux qui voient leur besoin du Christ et qui connaissent sa valeur ; ceux-là le cherchent en se servant des moyens - la Parole et les ordonnances -, avec l'aide de son Esprit et de sa grâce, pour obtenir le pardon, la justice, la vie et le salut, qui ne se trouvent qu'en lui. On peut dire qu'ils « le cherchent dès le matin », ou qu'ils « le cherchent à l'aube », ceux qui le cherchent au matin de leur jeunesse, ou qui le cherchent avant toute autre chose, avec le plus d'ardeur, d'application, d'assiduité et d'insistance. Et ceux-là réussissent toujours : ils « trouvent » le Christ, et en lui la vie, la justice, le salut et toute bénédiction ; ils sont donc heureux (voir Gill sur « Proverbes 3:13 »).