À moi le conseil et la sagesse véritable. Les termes et les idées de cette phrase et de la suivante sont les mêmes qu'en Job 12:13, et semblent en être tirés ; là ils sont dits de Dieu, et le fait qu'ils s'appliquent ici à la Sagesse montre qu'il s'agit bien d'une personne divine. Ils conviennent parfaitement à celui qui est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu, et sur qui repose l'Esprit de sagesse et d'intelligence, de conseil et de force, et de crainte du Seigneur (1 Corinthiens 1:24 ; Ésaïe 11:2). Le « conseil » lui appartient, et il l'exerce, de concert avec le Père et l'Esprit, tant dans l'ordre de la nature que dans celui de la grâce ; c'est à lui que sont connus tous les desseins et tous les conseils de Dieu ; c'est lui qui fut consulté lors de la création de l'homme, comme lors de sa rédemption, de sa réconciliation et de son salut, le conseil de paix étant entre eux deux. Et ce conseil lui appartient et s'exerce aussi à l'égard de son peuple : il est leur conseiller, il leur donne conseil et avis, lui qui est l'Admirable Conseiller. Il donna ce conseil en personne quand il était ici-bas, aux pécheurs comme aux saints, et cela reste consigné pour nous. L'Évangile est le conseil du Christ, et il est parfaitement adapté et opportun, sincère, franc et fidèle ; il est donné gratuitement, et, une fois suivi, il réussit infailliblement (voir Apocalypse 3:18). Il est aussi leur avocat : il paraît pour eux au tribunal, il présente leurs personnes et porte leurs requêtes à son Père, il plaide leur cause, il répond à toutes les charges et accusations, et il réclame pour eux, en droit et en justice, toute bénédiction de bonté. La « sagesse véritable » appartient encore au Christ : la « sagesse », d'où lui vient son nom dans ce livre ; une sagesse « véritable », solide et consistante, réelle et vraie, par opposition à la sagesse du monde, à la science faussement ainsi nommée, à la sagesse charnelle, sensuelle et terrestre. On peut y voir l'Évangile, qui est la sagesse de Dieu en un mystère ; la saine doctrine, le modèle des saines paroles, les paroles salutaires de notre Seigneur Jésus. On peut aussi y voir à la fois la grâce et la gloire, qui sont l'une et l'autre à la disposition du Christ : la grâce est cette « sagesse » qu'il fait connaître aux siens « dans le secret du cœur » ; et la gloire est cette « sagesse véritable » réservée aux justes, ce bien meilleur et plus durable qui est dans les cieux. Le mot employé ici signifie l'être ou la substance, et certains rendent : « tout ce qui est » ; tout ce qui existe appartient au Christ ; toutes les créatures sont à lui, la terre et tout ce qu'elle contient, et ceux qui l'habitent.
Je suis l'intelligence : essentiellement, en tant que personne divine ; son intelligence est infinie, on ne peut la sonder ; elle atteint toutes les personnes et toutes les choses. Comme Médiateur, l'Esprit de sagesse et d'intelligence repose sur lui sans mesure, ce qui l'a équipé pour sa charge de prophète. Comme homme, son intelligence stupéfiait tous ceux qui le connaissaient et qui l'entendaient. Le Christ n'a pas seulement une intelligence : il est l'intelligence même ; il en est la source, l'auteur et le dispensateur. De lui vient toute l'intelligence naturelle que les hommes possèdent, la lumière de la nature et de la raison, ces facultés intellectuelles dont ils sont dotés ; et de lui vient aussi toute l'intelligence spirituelle des choses divines à laquelle les siens ont part (1 Jean 5:20).
J'ai la force : comme le Dieu puissant, ce qui se voit à ce qu'il a créé toutes choses de rien, à ce qu'il soutient tout par sa puissance et gouverne le monde. Comme Médiateur, l'Esprit de force repose sur lui ; tout pouvoir lui a été donné dans le ciel et sur la terre. Sa force se manifeste dans le salut de son peuple, quand il est venu, marchant dans la grandeur de sa force, pour le sauver : en accomplissant la loi à sa place ; en portant ses péchés et le châtiment qu'ils méritaient ; en détruisant tous ses ennemis. Elle se manifeste encore quand il l'arrache des mains de Satan, du feu, de la boue et de la fange, au moment de la conversion ; quand il le porte et le soutient sous tous ses fardeaux, ses épreuves et ses tentations ; quand il le garde sain et sauf jusqu'à son royaume et sa gloire ; et quand, en attendant, il lui donne la force de porter la croix, de résister aux tentations et à la corruption, d'exercer les grâces de l'Esprit et d'accomplir les devoirs de la piété.