« Sa maison est le chemin du séjour des morts » - Ou « les chemins » [207] : la grande route qui y mène ; soit vers la tombe, sens fréquent de « sheol », soit vers l'enfer même, le lieu des damnés. Entrer dans sa maison et y faire le mal, c'est faire un pas vers la perdition, une grande enjambée vers l'enfer ; et, si la grâce ne prévient, on y arrivera. Qui voudrait entrer dans une telle maison - à plus forte raison y demeurer - elle qui est le faubourg même de l'enfer ?
« il descend vers les chambres de la mort » - Entrer dans sa chambre, monter dans son lit - si paré, si engageant soit-il - mène non seulement aux chambres du tombeau, comme le Targum, mais aux parties les plus basses et les plus profondes de l'enfer : aux appartements de la seconde mort, le lot de tous les impurs et les idolâtres, sans repentance et sans foi. Les Phéniciens appelaient Pluton, le dieu des enfers, du nom de Moth [208] - mot semblable à celui employé ici : ces chambres ne sont donc rien d'autre que les chambres de l'enfer. Plaute [209] appelle aussi la porte d'une maison de prostituée la porte de l'enfer - ce qui rejoint la première partie du verset.
Notes
[207] ykrd « viae », Pagninus, Montanus, etc.
[208] Sanchoniatho apud Euseb. Praepar. Evangel. l. 1. p. 38.
[209] « Januam hanc orci », Bacchides, Act. 3. Sc. 1. v. 1.