« Il a pris la bourse d'argent avec lui » - Ou « dans sa main » [193] : soit pour le négoce, comme dit Gersom, soit pour les frais du voyage - et l'un et l'autre supposent du temps : le négoce demande du temps pour acheter, emballer et expédier ; et pour le voyage, puisqu'il n'a pas mis en poche quelques pièces mais emporté une bourse à la main, c'est qu'il sera longtemps dehors.
« et il ne rentrera à la maison qu'à la pleine lune » - Pas avant. Aben Ezra l'entend du début du mois, à la nouvelle lune, quand la lune est couverte [194] - ce qu'Horace [195] appelle « tricessima sabbata » ; mais il faut plutôt l'entendre de la pleine lune, comme traduisent Aquila et la Vulgate : quand il fait clair toute la nuit, temps propice au voyage de retour. Gersom y voit le commencement de l'année, quand le Dieu saint et béni, pour parler en parabole, siège sur un trône pour juger le monde avec justice ; le Targum l'appelle le jour de l'assemblée - quelque jour de fête fixe où la congrégation se réunit : c'est pour telle fête, tel jour convenu, que le maître avait fixé son retour ; et alors, pas avant, il rentrerait. Elle dit cela pour ôter au jeune homme toute crainte d'être surpris par le mari. Il y a un temps fixé pour la seconde venue de Christ : il viendra certainement alors, et pas avant ; et ce temps passe pour lointain ; aussi les méchants et les séducteurs - et ceux dont l'Église apostate de Rome se sert pour s'encourager au mal dans l'espoir de l'impunité - repoussent-ils loin d'eux le jour mauvais ; mais au temps fixé Christ viendra, et demandera compte à ses serviteurs, bons et mauvais.
Notes
[193] wdyb « in manu sua », Pagninus, Montanus, etc.
[194] askh µwyl « ad diem novilunii », quelques-uns chez Vatablus, Mercerus ; de même Aben Ezra.
[195] Sermon. l. 1. Sat. 9. v. 69.