« Elle prépare sa nourriture pendant l'été » - En vue de l'hiver, auquel elle pense - hiver pendant lequel elle ne sort jamais de son trou, ayant amassé l'été de quoi suffire dans ses cellules. Elle peine dans la chaleur de l'été pour rentrer ses provisions d'hiver, sachant qu'alors il n'y aura plus rien à trouver ; elle y travaille jour et nuit tant que dure la saison - tant elle est appliquée à faire ses réserves au bon moment [131].
« et amasse sa nourriture au temps de la moisson » - Quand le blé est mûr et tombe à terre : elle le ramasse et le range dans ses greniers pour le temps du besoin. Elle amasse les graines et les stocke ; elle en ronge le germe pour qu'elles ne poussent pas, comme l'observent Pline [132] et d'autres, et fassent une réserve d'hiver - de là son nom hébreu « nemalah », de « namal », « couper », ce qui se fait en rongeant. Bien plus, selon Élien [133], elle semble pressentir la famine à venir, et travaille alors d'arrache-pied à emmagasiner nourriture, fruits et graines ; et selon Virgile [134] et d'autres, elle semble prévoir sa vieillesse et s'y préparer. Leçon pour travailler quand on a la santé et la jeunesse : afin d'avoir non seulement de quoi vivre au présent, mais de quoi mettre de côté pour le temps de la maladie et de la vieillesse. La Septante et l'arabe ajoutent : « ou va vers l'abeille, et apprends quelle travailleuse elle est, et quel ouvrage admirable elle accomplit ; ses labeurs, rois et particuliers en usent pour leur santé ; elle est désirée de tous et fameuse ; et quoique faible de force, honorant la sagesse, elle est mise en avant. » Mais cela n'est pas dans le texte hébreu ; sans doute écrit en marge d'une copie de la Septante comme exemple parallèle, un copiste maladroit l'aura fait entrer dans le texte grec, d'où la version arabe l'a repris ; l'ajout est très ancien, puisque Clément d'Alexandrie le mentionne [135].
Notes
[131] « Ac veluti ingentem formicae farris acervum quum populant, hyemis memores, tectoque reponunt », Virgil. Aeneid. l. 4. [v. 402, etc.]
[132] Nat. Hist. l. 11. c. 30. Plutarch. vol. 2. de Solert. Animal. p. 968.
[133] De Animal. Natur. l. 1. c. 22.
[134] Georgic. l. 1. v. 186. « inopi metuens formica senectae ».
[135] Stromat. l. 1. p. 286.