« Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement » - Ou « de petits sommeils, de petits assoupissements » [138] : ce sont les paroles du paresseux, répondant à l'appel qui le presse de se réveiller - qu'on ne le dérange pas, qu'on le laisse dormir encore. Belle gradation dans les mots, qui peint au vif l'humeur du paresseux : il demande d'abord « quelques sommeils » de plus, quelques bons sommes à la file - tout à fait dans son caractère ; si on les lui refuse, il réclame au moins « quelques assoupissements », quelques sommes légers, le temps de se réveiller tout à fait ; et si même cela lui est refusé, il supplie qu'on lui passe au moins ceci :
« un peu croiser les mains pour dormir » - Ou « pour se coucher » [139] : encore quelques retournements sur le lit, les mains croisées sur la poitrine - geste de dormeur et posture de paresseux. La Septante et l'arabe : « un peu tu embrasseras ta poitrine de tes mains » ; le syriaque : « et un peu tu mettras ta main sur ta poitrine ». Les commentateurs juifs y voient une consigne : ne dormir et ne s'assoupir que peu, un peu de sommeil suffisant à la nature - sans quoi la pauvreté viendra, etc. ; mais le premier sens est le meilleur.
Notes
[138] twnç f[m twmwnt f[m « parum somnorum, parum dormitationum », Montanus.
[139] bkçl « ad jacendum », Montanus, Mercerus ; « ut cubes », Tigurine version ; « ad decumbendum », Michaelis ; « ut decumbas », Schultens.