« De peur que des étrangers ne se rassasient de ton bien » - L'adultère, son mari, ses enfants, ses amis, ses entremetteurs et compagnie : tous ceux-là se partagent la fortune du débauché, en regorgent et en vivent à pleines mains, jusqu'à ce qu'il soit dépouillé et à sec. Ou « de ta force » (voir le commentaire du verset 9). Jarchi l'interprète des prophètes de Baal, qui extorquent de l'argent par leurs mensonges ; on peut fort bien l'appliquer aux marchands prostitués de Rome, qui s'enrichissent de l'abondance de ses délices et de ses adultères (Apocalypse 18:3) - gens étrangers, en vérité, à Dieu, à Christ et à toute vraie religion.
« et que le fruit de ton travail ne soit dans la maison d'un étranger » - Le bien gagné à la dure, dans la sueur et la peine, le chagrin et le tourment, comme le mot employé [112] le signifie ; et qui, pour finir, n'est goûté ni par lui ni par sa femme et ses enfants légitimes, mais par la femme étrangère et ses complices, et dépensé à entretenir prostituées, entremetteurs et bâtards. De là la fable des Harpies dévorant et souillant les mets de Phinée : elles n'étaient rien d'autre que des courtisanes qui mangeaient son bien [113]. Et parfois ces richesses passent en pays étranger, aux mains d'étrangers. Voilà les effets lamentables et les suites misérables de l'adultère - donc à fuir par tous les moyens. Jarchi l'entend de la maison d'idolâtrie, du temple d'une idole ; et chacun sait quelles richesses immenses l'idolâtrie fait entrer dans les temples et les églises des papistes.
Notes
[112] Æybx[ « dolores tui », Montanus, Cocceius, Michaelis.
[113] Heraclitus de Incredibil. c. 3.