Beaucoup de filles ont montré leur valeur. D'après Aben Ezra et Guershom, ce sont là les paroles du mari et des enfants - ce qui paraît juste, et surtout on peut penser qu'il s'agit des paroles du mari.
Par ces « filles », on peut entendre les fausses Églises, comme l'Église de Rome et ses filles, elle qui est la mère des prostituées (Apocalypse 17:5). Elles sont « beaucoup », alors que la vraie Église du Christ, à laquelle elles s'opposent, est unique (Cantique 6:8,9). Elles peuvent faire extérieurement beaucoup de bonnes choses, donner de grands signes de religion et de dévotion, avoir l'apparence de la piété sans en avoir la force, et un nom de vivantes alors qu'elles sont mortes.
La Vulgate traduit : « beaucoup de filles ont amassé des richesses » ; ou « ont possédé des richesses », comme la Septante, la version syriaque et la version arabe, et de même le Targum. L'expression s'emploie parfois en ce sens, pour acquérir de la fortune et du bien (voir Deutéronome 8:17,18 ; Ézéchiel 28:4) ; et elle s'applique fort bien aux fausses Églises, l'Église de Rome et ses filles, qui jouissent de grandes richesses et de gros revenus - lesquels pourtant, avant peu, seront réduits à néant (Apocalypse 18:17) ;
mais toi, tu les surpasses toutes : en beauté véritable, en vraies richesses, en pureté de doctrine, en simplicité de culte, en sainteté de vie et de conduite, en religion sans tache, en bonnes œuvres dignes de ce nom. L'Église du Christ est « la plus belle des femmes » (Cantique 1:8). Ambroise, lui, interprète ces filles des hérésies et des hérétiques.