Elle surveille ce qui se passe dans sa maison : les affaires domestiques ; que ses enfants et ses serviteurs aient de quoi manger, et à l'heure ; qu'ils soient convenablement habillés, gardent leurs vêtements bien serrés autour d'eux et sans tache ; que chacun fasse le travail de sa charge, les responsables comme les simples membres ; que tout se passe comme il faut, avec décence et dans l'ordre ; que les règles de son Seigneur et mari soient observées ; que la conduite de tous, dans la maison, soit conforme à la Parole de Dieu et à leur profession de foi. Elle prend soin des malades et des faibles, console les découragés et soutient ceux qui n'en peuvent plus ; elle ne peut pas supporter ceux qui font le mal, que ce soit dans leurs principes ou dans leur conduite, ceux dont la vie est immorale ou la foi corrompue ; elle les reprend selon la nature de leur faute, et chasse ceux qui s'obstinent et ne veulent pas se corriger.
On peut traduire : « elle surveille les chemins de sa maison », ceux qui y mènent, comme dit Guershom : soit sa maison d'ici-bas, dans laquelle on entre par la foi au Christ et la profession de cette foi, et où elle veille à ce que personne n'entre s'il ne l'a pas ; soit les chemins qui s'y trouvent, c'est-à-dire les commandements, les ordonnances et les règles du Christ, appelés les voies de Sion, et dont elle se soucie que toute sa famille les suive et les observe ; soit sa maison d'en haut, éternelle dans les cieux, la maison de son Père et la sienne, où il y a beaucoup de demeures et des habitations éternelles. Le chemin qui y mène, c'est encore le Christ, la vraie voie vers la vie éternelle, la porte étroite et le chemin resserré ; sans sa justice imputée et sans la grâce régénératrice de son Esprit, on n'y entre pas. À côté, il y a de plus petits sentiers qui vont dans le même sens : les sentiers de la foi, de la vérité et de la sainteté, et les voies des commandements du Christ, qui aboutissent tous là, et que l'Église et ses vrais membres prennent soin d'observer.
La version arabe traduit : « les sentiers de sa maison sont étroits » - à comparer avec Matthieu 7:13,14. Jarchi entend ces chemins de la loi, qui enseigne le bon chemin et fait se séparer du péché ;
et elle ne mange pas le pain de la paresse : le pain d'une femme oisive, comme dit Aben Ezra ; ou bien elle ne reste pas oisive à manger son pain. Elle ne le mange pas sans travailler : c'est un « pain de labeur », de bien des labeurs, qu'elle mange, comme au Psaume 127:2. Elle travaille pour la nourriture qui demeure jusqu'à la vie éternelle (Jean 6:27) : l'Évangile, ce pain qui fortifie le cœur de l'homme, ranime son esprit, est fait de la fine fleur du froment, contient les paroles salutaires du Christ et nourrit les hommes pour la vie éternelle ; et qui, en particulier, conduit au Christ, le vrai pain, le pain de vie dont on peut manger sans jamais mourir mais pour vivre toujours, et dont les vrais croyants se nourrissent par la foi. Et même si ce pain leur est préparé et leur est donné gratuitement par Dieu, il faut pourtant y travailler : on ne le mange pas sans peine. Les croyants lisent, écoutent, prient et fréquentent assidûment toutes les ordonnances pour cette nourriture-là.