Que te dirai-je, mon fils ? Autrement dit : comment t'appeler ? Tu as beau être roi, puis-je m'adresser à toi en de meilleurs termes, ou trouver un nom plus affectueux que celui-là et ceux qui suivent ? Laisse-moi, ta mère, te parler comme à mon fils.
Et aussi : que puis-je bien te dire ? Les mots me manquent, la sagesse me manque ; si seulement je savais quoi te dire qui te soit utile ! Ou encore : sais-tu ce que je m'apprête à te dire ? Des choses de la plus haute importance - alors écoute-moi. La tournure est faite pour attirer l'attention. Ou enfin : qu'ai-je à te demander ? Rien de ton royaume ni de son gouvernement ; une seule faveur : évite les fautes indignes d'un prince et fais ton métier de roi, comme il est dit plus loin.
Le Targum et la version syriaque en font une exclamation, un reproche, presque une menace : « Hélas, mon fils ! est-ce là la vie que tu comptes mener, te livrer au vin et aux femmes ? Quelle honte, mon fils ! est-ce digne de ta naissance, de ton éducation, de ton rang ? Est-ce le résultat de toutes les peines que je me suis données pour t'élever ? Regarde donc le rôle indigne que tu joues. »
Que te dirai-je, fils de mes entrailles ? Toi que j'ai porté dans la douleur, mis au monde dans la souffrance, et élevé au prix de tant de soins dans la crainte de Dieu, pour que tu sois utile à l'Église et à l'État. Tu n'es pas un fils adopté, tu es ma chair et mon sang : ce que je te dis vient donc d'une affection sans mélange et ne vise que ton bien (voir Ésaïe 49:15).
Que te dirai-je, fils de mes vœux ? Toi que j'ai demandé à Dieu et promis de lui rendre - ce que j'ai fait. C'est peut-être pour cela qu'elle l'appelle Lemuel, comme Anne avait appelé son fils Samuel pour une raison semblable (1 Samuel 1:28). Un fils pour qui elle a fait tant de prières, pour son bien temporel comme pour son bien spirituel ; et au sujet duquel elle a fait tant de vœux et de promesses, s'engageant à faire ceci et cela si elle avait le bonheur de le mettre au monde, de l'élever jusqu'à l'âge d'homme et de le voir monter sur le trône d'Israël.