Elle pense à un champ, et elle l'acquiert. Le champ, ce sont les Écritures, où sont enfouis les riches trésors des doctrines et des promesses de l'Évangile. L'Église, et avec elle tous ceux que Dieu a éclairés, réfléchissent à l'usage qu'on peut en faire et au profit qu'on peut en tirer : combien les Écritures sont utiles pour enseigner, reprendre, corriger et former à la justice ; quelle mine et quel trésor elles contiennent ; des choses plus désirables et plus précieuses que des milliers de pièces d'or et d'argent. Et c'est pourquoi ils achèteront ce champ à n'importe quel prix et ne le revendront jamais ; ils se sépareront de tout ce qu'ils ont, et même de la vie, avant de s'en séparer - ce qu'on appelle improprement « acheter », puisque cela se fait sans argent et sans rien payer (voir Matthieu 13:44).
Du fruit de son travail elle plante une vigne : sa propre vigne, dont les plants sont un verger de grenadiers (Cantique 1:6 ; 4:13) ; ceux qui, par le ministère de la Parole, sont plantés dans la maison du Seigneur et y prospèrent. L'Église fait cela par ses ministres, qui plantent et arrosent comme Paul et Apollos (1 Corinthiens 3:6,7).
Notons qu'il y a ici une double lecture dans le texte hébreu : la lecture marginale est au féminin, mais le texte écrit est au masculin - pour montrer qu'elle l'a fait par l'intermédiaire d'hommes employés à sa vigne, car, comme le remarque Aben Ezra, ce n'était pas la coutume ni le travail des femmes de planter des vignes, mais des hommes. On peut donc traduire « il planta » et le rapporter à son mari, le Christ, qui, par le ministère de la Parole dans son Église, y plante des âmes ; heureux ceux qui sont la plantation du Seigneur, ces arbres de justice destinés à sa gloire (Ésaïe 61:3) !