Elle est comme les navires marchands : non pas comme un seul, mais comme toute une flotte qui traverse les mers, s'en va dans les pays lointains et revient chargée de marchandises précieuses. Ainsi l'Église du Christ et ses vrais membres font, comme des navires de charge, le commerce du ciel par la prière et les autres exercices religieux, et en reviennent chargés de la grâce et de la miséricorde dont ils ont besoin au bon moment. Et s'ils ont souvent des traversées difficiles et dangereuses, ballottés par la tempête et couverts par les vagues, le Christ étant leur pilote, la foi leur voile et l'espérance leur ancre, ils passent les mers, tiennent bon dans tous les gros temps et rentrent au port sains et saufs avec leur cargaison.
Elle amène son pain de loin : d'un pays lointain, et particulièrement d'Égypte, d'où le blé à pain - c'est le sens du mot employé ici - était acheminé par bateau vers les diverses parties du monde ; c'est sans doute à cela qu'il est fait allusion. Au sens spirituel, cela veut dire que l'Église fait venir sa nourriture du ciel, ce bon pays lointain où sont Dieu son père, le Christ son mari et ses amis les anges, avec qui elle est en relation constante et d'où lui vient de quoi nourrir sa famille. Non pas d'en bas, de la terre : ni la poussière, nourriture du serpent ; ni la cendre, dont se repaît un cœur trompé ; ni les gousses dont mangent les cochons ; mais le froment du ciel, la nourriture des anges, la manne cachée et céleste ; le pain de vie qui descend du ciel ; l'Évangile de la grâce de Dieu, la bonne nouvelle venue d'un pays lointain.