Le shéol : qui est la première des quatre filles, ou des choses insatiables qui ressemblent à la sangsue ; le sépulcre est la maison assignée à tous les vivants ; il se tient prêt pour eux, il est ouvert pour les recevoir quand ils sont morts ; et bien qu'on y ait mis de telles multitudes depuis que la mort règne dans le monde, il n'est pourtant pas plein, il en attend davantage ; et sa bouche ne sera pas fermée avant que le dernier ennemi, la mort, soit détruit (voir Proverbes 27:20). C'est l'emblème de l'homme avare, qui élargit son désir comme l'enfer ou le sépulcre ; et qui n'est jamais satisfait de l'or, de l'argent et de l'accroissement de biens qu'il a, mais en réclame toujours davantage ;
et la matrice stérile ; la seconde fille, qui crie : Donne ! donne ! comme Rachel : « donne-moi des enfants, sinon je meurs » (Genèse 30:1) ; les femmes stériles sont souvent impatientes d'avoir des enfants, comme elle ; et importunes, comme Anne ; et comme l'étaient les femmes d'Israël avant la venue du Messie, chacune espérant qu'il naîtrait d'elle, surtout avant qu'il fût si clairement connu qu'il devait naître d'une vierge. Mais il s'agit plutôt ici de la matrice stérile des prostituées, qui sont généralement stériles et dont la convoitise est insatiable ; et ce peut être un emblème de la convoitise, qui n'est jamais satisfaite, que ce soit la convoitise des richesses, de l'honneur, de l'impureté ou des plaisirs sensuels ;
la terre qui n'est pas rassasiée d'eau ; qui est sèche et desséchée, qui s'ouvre et se fend ; et bien que de grandes quantités de pluie puissent tomber sur elle, qu'elle boit avidement, on ne la voit pourtant pas et elle n'en est pas remplie, mais elle en a soif davantage. Ce peut être un emblème des gens de bien, qui ont reçu en abondance la grâce de Dieu ; et bien qu'ils n'aient plus soif du péché, comme ils l'avaient auparavant et comme d'autres l'ont, ils ont pourtant soif de Dieu, de plus de connaissance de lui et de communion avec lui, et de plus de grâce, comme la terre sèche et altérée, et ne peuvent en avoir assez (voir Jean 4:13,14 ; Psaume 63:1,2 ; Hébreux 6:7) ; ou plutôt des méchants, qui boivent l'iniquité comme de l'eau et n'en ont pourtant jamais leur soûl. C'est la troisième chose, et la quatrième suit :
et le feu, qui ne dit pas : C'est assez ! Quelque combustible qu'on y jette, il le dévore et en veut encore. Chez les Égyptiens, comme le rapporte Hérodote, le feu est compté pour un animal vivant, qui dévore tout ce qu'il peut saisir, et qui, lorsqu'il est rassasié de nourriture, meurt avec ce qu'il a dévoré. Tel est le feu de la colère divine, le feu de l'enfer, où les pécheurs sont comme des épines et des ronces ; feu inextinguible, éternel, qui brûle aux siècles des siècles ; le Topheth préparé depuis longtemps, profond et large, dont le bûcher est de feu et de beaucoup de bois, allumé par le souffle de l'Éternel comme un torrent de soufre (Ésaïe 30:33). Ce sont là les quatre filles de la sangsue, qui lui ressemblent par leur insatiabilité. Jarchi mentionne certains qui interprètent la sangsue du « shéol », ou de l'état des morts, et les deux filles du paradis et de l'enfer : l'un dit : « donne-moi les justes », et l'autre : « donne-moi les méchants ». Aben Ezra applique ces quatre choses aux quatre générations dont il a été parlé : le sépulcre, où sont jetés la génération de ceux qui maudissent leur père et meurent avant leur temps ; la matrice stérile, la génération de ceux qui ne sont pas lavés de l'ordure de la fornication et n'ont pas d'enfants ; la terre qui n'est pas rassasiée d'eau, les orgueilleux et les hautains, humiliés par la famine ; et le feu est celui qui descend du ciel pour consumer la génération qui détruit les pauvres et opprime les nécessiteux, comme le feu descendit sur eux aux jours d'Élie. Jarchi signale un Midrash qui applique ces quatre choses aux quatre monarchies, comme il le fait aussi de toutes les quatre choses mentionnées ensuite.