La sangsue a deux filles : Donne ! donne ! Ou « le suceur de sang » ; c'est ainsi qu'on commença à l'appeler au temps de Pline ; à quoi la dernière génération d'hommes peut bien être comparée ; créatures assoiffées de sang, qui n'en ont jamais assez et ne se rassasient ni de la chair des hommes ni de leur sang ; et telles sont en particulier les papistes. Et non seulement cette génération d'hommes, mais il y a trois ou quatre autres choses qui ressemblent à la sangsue par son insatiabilité ; car la sangsue n'a pas deux filles seulement, mais davantage. Certains, par ses deux filles, entendent les deux fourches de sa langue, que certains naturalistes disent qu'elle a ; mais d'autres, plus récents, et plus diligents à examiner ces choses, trouvent qu'elle ne l'a pas, mais que, soit avec ses trois dents, soit par la compression de sa bouche de tous côtés, elle suce le sang et ne lâche prise que lorsqu'elle en est remplie ; d'autres ont proposé pour ses filles les deux sortes de sangsues, celle de mer et celle qu'on trouve dans les lieux marécageux et fangeux. Mais le mieux est d'entendre par ses filles celles qui lui ressemblent et sont semblables à elle ; de même que ceux qui ont la même nature et les mêmes qualités, et font les mêmes choses que d'autres, sont appelés leurs enfants (voir Matthieu 23:31,33 ; Jean 8:44 ; 1 Jean 3:10) ; et ainsi le nombre de ses filles, qui réclament et demandent toujours davantage et ne sont jamais satisfaites, n'est pas de deux seulement, mais de plus, comme il suit ;
il y a trois choses ; ou « oui, il y a trois choses »
qui sont insatiables, quatre qui ne disent pas : C'est assez ! Non deux seulement, mais trois, et même quatre, qui sont tout à fait insatiables, et que voici. La version syriaque rend le tout ainsi : « la sangsue a trois filles bien-aimées ; trois, dis-je, qui ne sont pas rassasiées ; et la quatrième ne dit pas : C'est assez ». Certains, comme le remarque Abendana, l'interprètent de l'enfer, par une transposition des lettres ; parce que quiconque pervertit ses voies y descend. Bochart l'interprète du destin, et de même Noldius ; et Schultens rend le mot par « le plus monstrueux des maux », car il signifie en arabe, comme il le remarque, tout ce qui est monstrueux et effroyable, comme les démons des bois, les serpents et les dragons, qui dévorent les hommes et les bêtes. Suidas, par la « sangsue », entend le péché, dont les filles sont la fornication, l'envie et l'idolâtrie, que les mauvaises actions ne rassasient jamais, et la quatrième est la mauvaise concupiscence.