« Les sages hériteront la gloire » - Les sages sont les mêmes que les justes et les humbles dont on vient de parler : Dieu leur donne la grâce, et à eux il donne la gloire. Les « sages » ne le sont pas au sens naturel, civil ou spéculatif - sages dans les choses de la nature, dans les affaires civiles, dans les questions théoriques de religion - mais au sens spirituel : sages à salut. Ils se connaissent eux-mêmes - le péché de leur nature, leur incapacité à faire le bien, leur manque de justice pour être justifiés devant Dieu ; ils sentent les maladies de leur âme, leur pauvreté spirituelle, leur grande folie et leur ignorance des choses spirituelles ; ils connaissent Christ, et Christ crucifié, le chemin de la paix, du pardon, de la justice et du salut par lui - et le connaissent non de façon théorique, mais de façon à recourir à lui et à se reposer sur lui pour le salut, à le bâtir sur lui seul, le fondement, et à lui en donner toute la gloire ; ils ont aussi une connaissance suffisante de l'Évangile et une expérience consolante de ses vérités ; ils embrassent la profession de la religion sur cette expérience, la tiennent ferme sans s'y appuyer, et mènent une vie qui lui fait honneur, marchant avec circonspection, non comme des insensés mais comme des sages. Ceux-là « hériteront la gloire » : non celle de ce monde ni l'honneur qui vient des hommes, mais la gloire de l'autre monde - dont la gloire de celui-ci, et de ses choses les plus excellentes, n'est qu'une pâle image : invisible, inconcevable, incomparable ; une gloire éternelle, où Christ est entré, la même que le Père lui a donnée ; elle consistera dans la vision de Dieu et la communion avec lui, dans la contemplation de la gloire de Christ, et dans une gloire posée sur eux, âme et corps. Et ils en jouiront comme d'un héritage : non par achat ni par acquisition, mais par don gratuit, comme legs de leur Père - qui leur revient comme enfants, par la mort de Christ le testateur, et qu'ils posséderont pour toujours, comme vont les héritages.
« mais la honte sera le lot des insensés » - Insensés non au sens naturel mais au sens religieux : ceux qui ne connaissent ni eux-mêmes ni le chemin du salut, qui se moquent du péché et raillent la religion. Ceux-là, tous tant qu'ils sont, « emporteront » ou « élèveront la honte » [84] comme leur part et leur portion - allusion à l'offrande élevée sous la loi, par opposition à la gloire que les sages hériteront. Ou : « la honte élèvera les insensés » [85] - elle les exposera et les rendra visibles et remarquables : toute l'élévation qui les attend ne sera que honte et confusion, sinon dans ce monde, du moins dans l'autre ; car quand ils ressusciteront, ce sera « pour la honte et le mépris éternels » (Daniel 12:2). Le Targum : « les insensés recevront la tribulation » - ce sera leur héritage dans l'autre monde.
Notes
[84] ˆwlq µyrm µylsk « unusquisque stultorum suscipit, vel sustinet, ignominiam », Vatablus.
[85] « Stolidos vero tollit ignominia », Junius & Tremellius.