« Certes, il se moque des moqueurs » - De ceux qui font du péché une plaisanterie et de la religion une farce, qui raillent les doctrines de l'Évangile et ceux qui les professent : le Seigneur les regarde, rit d'eux et les tient en dérision. La version grecque, suivie par deux apôtres, traduit : « il résiste aux orgueilleux » (1 Pierre 5:5 ; Jacques 4:6). Les hautains et les arrogants, qui s'élèvent et méprisent les autres - l'esprit pharisien - sont abhorrés et méprisés du Seigneur : il se dresse contre eux, il est leur ennemi, et « il disperse ceux qui ont l'orgueil dans les pensées de leur cœur » (Luc 1:51). L'Empereur observe [83] que cette version s'accorde tout à fait avec le texte hébreu et le sens des auteurs juifs : R. Alshech dit que µyxl, rendu « moqueurs », désigne ceux qui refusent de regarder vers l'Être divin et s'enfoncent hardiment dans le péché comme s'il n'y avait pas de Dieu ; Kimchi explique le mot par µyagtm, ceux qui s'exaltent, les orgueilleux ; et comme les orgueilleux ne cèdent à personne mais résistent aux autres, la Septante emploie le verbe « résister » ; en accord avec quoi le Targum a « il les chassera », Alshech « il les détruira », et Gersom « Dieu fera que d'autres se moquent d'eux » - ce qui est leur résister.
« mais il fait grâce aux humbles » - Aux âmes humbles : ceux qu'on a rendus vraiment sensibles au péché et qui s'en tiennent pour bas à leurs propres yeux ; qui, sentant l'imperfection et l'insuffisance de leur propre justice, se soumettent à celle de Christ ; qui attribuent leur salut, et toutes ses bénédictions, à la libre grâce de Dieu ; qui reconnaissent le manque de leurs devoirs et renoncent à tout mérite ; qui pensent le pire d'eux-mêmes et le meilleur des autres ; qui s'humilient sous la main puissante de Dieu et prennent patience sous chaque dispensation adverse de la Providence - sachant ce qu'ils méritent, combien peu la moindre faveur, et combien le déplaisir divin. Or Dieu donne d'abord la grâce à ces personnes pour les rendre humbles - elles ne le sont pas par nature - puis il leur donne plus de grâce, selon sa promesse ; et c'est pour prouver que Dieu donne plus de grâce aux humbles que l'apôtre Jacques cite ce passage. La grâce est le don de Dieu, du premier au dernier : celle de la première conversion, celle des secours qui suivent, celle de la persévérance jusqu'à la fin ; la grâce qui sanctifie, qui justifie, qui pardonne, qui adopte, sont les purs dons de Dieu, de sa seule faveur et bonne volonté, sans aucun mérite, motif ni condition dans la créature ; et il les donne libéralement et généreusement. Car ce n'est pas la faveur des hommes qui est visée ici, comme certains le pensent, mais la grâce de Dieu.
Notes
[83] Not. in Mos. Kimchi odoiporia, p. 34, 35.