« Ne refuse pas un bien à ceux à qui il est dû » - L'honneur, le respect et le tribut aux magistrats (Romains 13:7-8) ; le juste paiement des dettes aux créanciers ; et l'aumône aux pauvres - qui, d'après la suite, semble surtout visée ; la Septante traduit : « ne t'abstiens pas de faire du bien au nécessiteux », et Aben Ezra l'interprète des pauvres. L'aumône leur est due, à cause de leurs besoins et par l'ordre de Dieu : de là son nom de « justice » dans certaines copies de Matthieu 6:1, et l'argent retenu aux pauvres appelé « mammon d'injustice » (Luc 16:9). Ils en sont, comme dit le mot hébreu, « les propriétaires » [80] : les riches sont moins propriétaires de leurs biens que distributeurs des aumônes de Dieu, ses intendants pour les pauvres ; et, chaque fois que l'occasion s'en présente, il faut faire du bien de cette façon à tous, surtout aux gens de la famille de la foi (Galates 6:10). Cela vaut des biens temporels, et aussi des spirituels : le bon conseil, l'exhortation, l'enseignement. La Vulgate traduit : « n'empêche pas de bien faire celui qui le peut » - sens que favorise Jarchi : comme il ne faut pas s'abstenir soi-même de faire le bien, il ne faut pas non plus en empêcher, en gêner ou en décourager les autres ; mais le premier sens est le meilleur.
« quand tu as le pouvoir de le faire » - Non d'empêcher les autres, comme dit Jarchi, mais de faire le bien : quand on a de quoi en main - non seulement assez pour soi et pour sa famille, mais quelque chose de disponible ; quand on a l'occasion et les moyens ; et quand on peut le faire tout de suite et sans délai, comme suit.
Notes
[80] wyl[bm « a dominis suis », Vatablus, Mercerus, Gejerus, Michaelis.