« Ne dis pas à ton prochain » - Soit à celui envers qui tu es endetté et qui vient réclamer le paiement d'une dette légitime ; soit au pauvre et à l'indigent qui demande l'aumône.
« va-t'en et reviens, demain je donnerai » - Rentre chez toi, reviens demain, et je te paierai ce que je te dois ; ou : ne me dérange pas maintenant, reviens une autre fois, et peut-être te soulagerai-je. Il ne faut pas dire ça : d'abord parce qu'on n'est pas sûr du lendemain ni même de le voir ; ensuite parce que, vivrait-on jusque-là, on n'aura peut-être plus le pouvoir de tenir sa promesse - le bien peut être enlevé ; et enfin parce qu'entre-temps, le pauvre peut périr faute de secours.
« quand tu as de quoi » - L'argent pour payer tes dettes ou pour faire l'aumône : il faut donc donner volontiers et tout de suite, sans excuses ni délais ; « bis dat, qui cito dat » - donne deux fois qui donne vite. Certains font de cette phrase une partie des paroles de l'avare : « et il y a chez toi », tu as assez, tu n'as pas besoin de me demander ; tu as ce que tu demandes ; tu n'es pas dans le besoin ; tu es plus riche que moi. Mais l'autre sens est le meilleur. La Septante et la version arabe ajoutent : « car tu ne sais pas ce qu'enfantera le jour qui vient », ni ce qui peut y arriver.