Qui veut la retenir retient le vent : qui essaie d'arrêter ses criailleries et ses querelles, de les réprimer et de les contenir, de l'empêcher de faire entendre sa voix dans les rues, et de cacher la honte qu'elle attire sur elle-même et sur les siens, entreprend une chose aussi impossible que de retenir le vent dans le creux de sa main ou de l'empêcher de souffler ; car de même que celui-ci, retenu ou enfermé par quelque moyen qu'on emploie, ne fait que plus de bruit, ainsi une femme querelleuse, par tous les moyens qu'on prend pour la faire taire, ne fait que crier plus fort et devient plus scandaleuse et plus fameuse ;
et sa main droite saisit de l'huile ; ou : elle « appelle » ou « crie » et dit en effet : Me voici ! Car son odeur, qu'on ne peut cacher quand on la tient dans la main, la trahit ; et plus on la serre et plus on la presse, et plus elle s'échauffe, plus elle répand son parfum et se fait connaître. Ainsi, tous les efforts pour faire taire une femme querelleuse ne font que la faire criailler plus fort.