Les jambes du boiteux sont sans force ; ou : de même que « le boiteux qui lève les jambes » pour danser au son de la flûte ou du violon est un spectacle bien peu convenable, qui ne fait qu'étaler davantage son infirmité et ne peut donner de plaisir à personne, mais provoque la moquerie et le mépris,
telle est une sentence dans la bouche des insensés : une maxime de son cru, qu'il débite comme une belle sentence, mais qui boite et cloche ; elle ne tient pas debout, elle est comme les jambes d'un boiteux, l'une plus longue que l'autre. Ou bien il s'agit de l'un des proverbes de ce livre, ou plutôt de quelque passage de l'Écriture, dans la bouche d'un méchant, ou de quelque propos religieux qu'il tient, ce qui est fort déplacé, sa vie et sa conduite ne s'y accordant pas ; il est aussi désagréable d'entendre un tel homme parler de religion qu'il est désagréable de voir un boiteux danser ; ou dont les jambes imitent les seaux d'un puits, dont l'un monte quand l'autre descend, selon l'interprétation que Gussetius donne du mot.