Comme celui qui saisit un chien par les oreilles, tel est le passant qui s'échauffe dans une querelle qui ne le regarde pas : celui qui, passant dans la rue et devant une porte où deux ou trois personnes se disputent, s'y jette et se mêle d'une affaire qui ne le concerne pas et prend parti dans une querelle où il n'a rien à voir, sous prétexte de connaissance, de parenté ou de charge ; et surtout quand, au lieu d'être médiateur et pacificateur, il prend parti et s'échauffe lui-même - c'est ainsi qu'Aben Ezra interprète le mot rendu par « s'échauffe » -, attisant l'affaire et montant les uns contre les autres. Un tel homme
est comme celui qui saisit un chien par les oreilles : elles sont courtes et difficiles à tenir, et sensibles ; le chien ne supporte pas qu'on l'y tienne, et encore moins qu'on l'y tire et l'y secoue, ce qui l'exaspère ; et non seulement l'homme a fort à faire pour le tenir, mais il risque d'être mordu, du moins quand il est bien obligé de lâcher prise. Il en va de même de celui qui se mêle avec violence d'une querelle : il est bien étonnant que l'une des parties ne se retourne pas contre lui pour le maltraiter. La Septante et la version arabe traduisent : « comme celui qui saisit un chien par la queue ».