Le paresseux se croit plus sage. C'est une sorte de contradiction dans les termes qu'un paresseux soit sage, lui qui est trop paresseux pour employer les moyens d'acquérir la sagesse et la connaissance ; et il faut qu'il soit bien infatué de lui-même pour se croire sage, et même plus sage
que sept hommes qui répondent avec bon sens - ce qui ne fait pas allusion, comme le pense Aben Ezra, au nombre des conseillers d'un roi qui lui répondent quand il les consulte, tels que les « sept » princes du roi de Perse (Esther 1:14) ; car il n'est pas certain qu'un tel nombre fût en usage au temps de Salomon, ni en Perse, ni à sa cour, ni ailleurs. Cela désigne un grand nombre, beaucoup d'hommes sages, comme le remarque Guershom, qui répondent à quiconque les interroge ; qui, ayant été appliqués et laborieux, ont acquis assez de connaissance pour être capables de rendre raison de ce qu'ils disent, croient et font. Et tels sont ceux qui, par la grâce de Dieu et l'usage des moyens, sont sages au sens spirituel : qui se connaissent eux-mêmes, qui connaissent Jésus-Christ et le chemin du salut par lui ; qui ont l'intelligence des Écritures et des doctrines de l'Évangile ; qui ont les sens exercés à discerner le vrai du faux ; qui ont un jugement affermi et sont capables d'enseigner aux autres le bon sens et la connaissance ; et de rendre raison de leur foi, de leur espérance et de leur conduite (voir 1 Pierre 3:15). Or, tel est l'aveuglement d'un paresseux ignorant qu'il se croit plus sage que dix mille de ces hommes-là : il s'imagine être le plus sage, puisqu'il jouit du repos et de la tranquillité dans sa stupidité, tandis que les autres peinent et se donnent bien du mal pour acquérir la connaissance ; et parce qu'il garde une peau saine et échappe aux censures et aux reproches que les autres subissent pour leur exactitude en religion et leur constance dans les devoirs qu'elle impose ; et parce qu'il s'imagine parvenir au ciel plus commodément, sans tant de soins ni tant de peines, en se contentant de dire à la fin : « Seigneur, aie pitié de moi. »