Le paresseux dit - en lui-même, ou à ceux qui le poussent à l'application et au travail, à s'occuper des affaires de son métier, à cultiver son champ et à tailler sa vigne. La Septante et la version arabe ajoutent : « quand on l'envoie en chemin », quand son maître lui ordonne d'aller travailler, il s'excuse ainsi :
« Il y a un lion sur le chemin, il y a un lion dans les rues » : sur le chemin de son champ ou de sa vigne, et dans les rues qui y mènent. Excuse bien vaine, puisqu'on ne trouve d'ordinaire les lions ni dans les villes, les bourgs ou les villages, ni dans leurs rues, mais dans les bois, les forêts et les lieux déserts (voir Proverbes 22:13). On peut l'appliquer à celui qui est paresseux dans les devoirs de la religion : le « chemin » et les « rues » peuvent désigner les ordonnances publiques, qui sont les voies fixées et indiquées par Dieu, où les gens de bien marchent et trouvent plaisir et profit, et qui sont les rues où la Sagesse crie et où le Christ est prêché, cherché et trouvé. Mais que d'excuses certains inventent pour ne pas y aller ! (voir Luc 14:17-20) - excuses aussi vaines, aussi frivoles et aussi sottes que celle-ci ; car dans ces chemins et dans ces rues on peut voir les pieds des messagers de la paix ; on peut y entendre la voix de la tourterelle, l'heureuse annonce du salut par le Christ ; on y montre l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde, immolé et ayant versé son sang pour les racheter. Et quoique la voix terrible de la loi s'y fasse parfois entendre - ce qui est nécessaire pour réveiller les pécheurs endormis et détacher ceux qui se croient justes de leur confiance dans les œuvres de la loi -, elle est suivie de la voix douce et légère de l'Évangile, qui proclame la délivrance de la malédiction et de la condamnation de la loi par le Christ. Il est vrai qu'à certaines époques il y a eu des persécuteurs violents, comparables à des lions, et des dénonciateurs dans les chemins et dans les rues, pour effrayer les fidèles et les détourner de leur devoir ; mais rien de tout cela n'a pu faire reculer les âmes touchées par la grâce ni les séparer de leur amour pour le Christ. En revanche, les chrétiens charnels et paresseux se scandalisent dès que la tribulation ou la persécution surviennent à cause de la Parole : voilà leurs lions ; et en temps de paix et de liberté, ils savent se peindre des lions terribles et se forger des difficultés insurmontables : une petite indisposition, un temps un peu rude, le moindre risque de prendre froid, et voilà leur lion. Sans songer qu'ils ont plus près d'eux un lion dévorant, dans leur maison, dans leur chambre et jusque dans leur lit : Satan, entre les griffes duquel ils sont, qui garde leurs biens en paix, qui les mène captifs et à qui ils échoient en proie. Sans craindre non plus la colère du Roi des rois, semblable au rugissement du lion : la colère de Dieu et de l'Agneau, qui est aussi le Lion de la tribu de Juda, et dont le jour de colère sera tel que nul ne pourra le supporter.