Si tu dis : « Ah, nous ne savions pas » - le danger où cette personne se trouvait, ou l'innocence de sa cause, ou le moyen de la délivrer, ou qu'il était en notre pouvoir de faire quelque chose pour elle ; ainsi la Vulgate : « si tu dis : les forces me manquent » ; ou : « nous ne le connaissions pas », ni qui il était ni ce qu'il était ; nous n'avions aucune relation avec lui et ne nous croyions donc pas obligés de nous occuper de son cas - de telles excuses ne serviront à rien.
Celui qui pèse les cœurs ne le voit-il pas ? Lui qui sonde le cœur et l'éprouve, qui pèse chacune de ses pensées et chacune des excuses qu'il invente, considère et sait si ce n'est là qu'un prétexte. Ces excuses ont beau paraître plausibles aux hommes, elles ne servent de rien auprès de Dieu, qui connaît le cœur ; il sait que ce n'est qu'un faux-fuyant, que c'est le refus de secourir les malheureux et la négligence de leur cas, et que tout ce qu'on allègue pour sa propre défense n'est qu'une vaine excuse.
Et celui qui veille sur ton âme ne le sait-il pas ? Lui qui la maintient en vie et dont la garde la préserve - ce qui devrait rendre chacun soucieux de la vie d'autrui ; sinon, il peut craindre à juste titre que le Seigneur ne lui retire sa garde et sa protection. Il sait parfaitement quel souci un homme a du bien d'autrui et de la conservation de la vie d'autrui quand elle est en danger, et si ce qu'il allègue pour sa propre défense est fondé. Ou : « celui qui observe ton âme », tous ses mouvements intérieurs, ses pensées, ses affections, ses intentions et ses penchants ; il sait si ce qu'on dit est vrai ou non.
Et ne rendra-t-il pas à chacun selon ses œuvres ? Il agira envers lui selon la loi du talion : de la mesure dont il a mesuré aux autres, il sera mesuré à lui ; et celui qui n'a montré aucune miséricorde en sauvant la vie d'autrui quand il le pouvait sera jugé sans miséricorde quand il sera lui-même dans la détresse.