Si tu t'abstiens de délivrer ceux qu'on traîne à la mort ; ou : « ceux qui sont pris pour la mort », violemment ; ceux qui sont saisis par des voleurs et des brigands et maltraités, comme l'homme de la parabole que le prêtre et le lévite ne voulurent pas regarder et que le bon Samaritain secourut ; ou ceux qui sont injustement condamnés à mort par le magistrat : si quelqu'un connaît leur innocence, il lui incombe de tout faire pour leur sauver la vie, en témoignant en leur faveur - car « un témoin véridique délivre des vies » (Proverbes 14:25) -, ou en intercédant pour eux, en donnant conseil et avis à leur sujet, ou par tout autre moyen licite, comme Ruben délivra Joseph, comme Jonathan intercéda pour David, et comme Achikam et Ébed-Mélec pour Jérémie. La vie a du prix, et il faut employer tous les moyens de la sauver et d'empêcher que le sang innocent ne soit versé ; et l'on ne doit épargner à cela ni frais, ni peine, ni temps. De même pour ceux qui sont entraînés dans des pièges et des tentations, dans l'immoralité ou l'hérésie, qui aboutissent à la perte de leur âme et à la mort éternelle : il faut employer tous les moyens qu'il faut pour les relever, pour les arracher au piège du diable, ce qui est sauver des âmes de la mort et couvrir une multitude de péchés (voir 2 Timothée 2:25,26 ; Jacques 5:19,20).
Et de sauver ceux qu'on mène à l'égorgement ; ou : « ceux qui chancellent vers le massacre » ; ceux qui sont à deux doigts d'être exécutés, sur une fausse accusation ; car ceux qui souffrent justement, ou dont les œuvres et les voies mènent d'elles-mêmes à la perdition et les en rapprochent, n'appellent pas la même sollicitude.