Ne convoite pas ses mets délicats : ses plats savoureux, si agréables au goût, ses provisions riches et royales ; ne les convoite pas - c'est le sens du mot - d'une manière démesurée, comme les Israélites convoitaient les marmites de viande d'Égypte. Il est permis de les désirer, mais non de les convoiter coupablement ; et l'on peut en manger pour satisfaire la nature, non pour flatter les appétits déréglés qui les réclament, ce qui serait coupable.
Car c'est une nourriture trompeuse ; ou : « du pain de mensonges » ; par leur saveur agréable et flatteuse, ces mets entraînent au luxe et à l'excès avant qu'on s'en aperçoive, et trompent ainsi l'homme ; ils lui promettent beaucoup de plaisir et, si l'on s'y abandonne, produisent le malaise et le dégoût. Certains pensent qu'on les appelle ainsi à cause de l'intention et du résultat, puisqu'ils servent à faire dire des secrets, que les hommes ne sont que trop portés à divulguer après avoir bien mangé et bien bu. Certains l'appliquent aux fausses doctrines, qu'on présente parfois de la manière la plus plausible et qui trompent les simples : ce sont des pains de mensonge, des mensonges hypocrites et très pernicieux ; de telles paroles rongent comme la gangrène au lieu de nourrir solidement.