Mets un couteau à ta gorge : garde-toi de trop parler à table ; ne donne pas trop de liberté à ta langue, mais bride-la, en songeant devant qui tu es ; ne prends pas trop de familiarités, ni avec le grand personnage ni avec les autres convives - ce que les hommes ne font que trop volontiers quand ils ont bien mangé et bien bu, et ils disent alors des choses offensantes pour l'un ou pour l'autre : il est bon de se tenir sur ses gardes (voir Ecclésiaste 5:2). Ou bien : réfrène ton appétit ; refuse-toi des choses agréables qui pourraient te mener à ce qui te ferait du tort ; mets pour ainsi dire un couteau à ton appétit et mortifie-le - ce qui revient à couper une main droite ou à arracher un œil droit (Matthieu 5:29,30). Ou encore : pendant que tu es à une telle table, à un tel festin somptueux, considère-toi comme en danger, comme si tu avais un couteau sur la gorge ; car si tu prenais trop de liberté avec les mets ou avec le vin, ce serait comme te couper toi-même la gorge,
si tu es un homme d'appétit : le danger est alors d'autant plus grand, et il faut donc être doublement sur ses gardes, puisqu'on est sur le chemin d'une tentation à laquelle on est naturellement porté. Ou bien : « si tu es maître de ton appétit » ; ainsi le Targum :
« si tu es maître de ton âme » ;
si tu en as la maîtrise et peux la contenir sans peine - ce qui rejoint la Vulgate ; mais le premier sens s'accorde mieux à l'usage hébreu.