Quand tu t'assieds à table avec un grand - un souverain, un roi, ou un dignitaire subalterne, un noble, un juge, un magistrat, un personnage de rang, d'honneur et d'autorité ; s'asseoir à leur table est parfois permis et passe toujours pour un honneur ; les gens actifs et travailleurs y sont admis en particulier, eux qui non seulement sont amenés à se tenir devant les rois et les grands, mais à manger à leur table. Et voici comment le sage conseille à un tel homme de se conduire :
Prends bien garde à ce qui est devant toi ; ou : « en considérant considère » ; observe attentivement les mets et les boissons servis sur la table et réfléchis bien à ce que tu peux manger et boire le plus sûrement. Car même si un homme peut licitement manger de tout ce qu'on lui sert, toute créature de Dieu étant bonne si l'on la reçoit avec action de grâces et qu'elle est sanctifiée par la Parole de Dieu et la prière, il est sage d'user de ce qui convient le mieux à la santé et engage le moins ; et de garder la mesure en tout, sans s'abandonner à la gloutonnerie ni à l'ivrognerie. Il doit aussi considérer qui est devant lui - sens que les mots peuvent avoir : le grand personnage qui l'a invité et qui est à table avec lui, en prenant garde de ne rien dire ni faire qui puisse l'offenser ; et les nobles convives présents, en se conduisant envers eux selon leur rang et leur dignité, en observant leurs paroles et leur tenue et en les imitant ; et même les serviteurs qui font le service, de peur qu'en se conduisant mal il ne soit rapporté à son désavantage auprès du maître ou d'autres. Mais quel honneur bien plus grand de s'asseoir à la table du Roi des rois et de ses princes et de souper avec lui ! Il convient alors aux saints, à qui cet honneur est fait, de considérer ce qu'on leur sert : les mets les plus riches, un festin de choses exquises, le corps et le sang du Christ, qu'il faut discerner spirituellement par la foi et non seulement dans les éléments du pain et du vin. Et de considérer aussi devant qui ils sont : le Christ, qui est assis à sa table, et les princes de son peuple avec lui ; et de ne pas manger sans crainte, ni de façon désordonnée et indécente, comme les Corinthiens en sont repris, mais avec tout le respect et toute l'humilité qu'il faut.