La voie de l'homme est tortueuse et étrange. Non pas la voie de n'importe quel homme ; non pas celle des justes et des gens de bien, des croyants au Christ, qui le connaissent, lui le chemin, et qui marchent en lui et après lui, conduits par lui ; qui ont son Esprit pour guide, qui marchent dans ses voies et y trouvent leur plaisir : leur voie n'est ni tortueuse ni perverse, mais droite et unie ; et elle n'est pas étrange, car le Seigneur la connaît et l'approuve. Il s'agit de la voie des méchants et des impurs, comme le montre l'opposition du membre suivant ; la voie des hommes non régénérés, qui ont quitté le bon chemin et se sont tournés vers leur propre voie, celle qui suit le train de ce monde et son prince, et suit la chair et les penchants de la nature corrompue - la voie large et commune qui mène à la perdition. Voilà une voie « tortueuse » ou perverse, une voie contraire à la raison et à la vérité, contraire à la Parole de Dieu et à ce qu'elle indique ; un sentier tordu et déformé, qui n'obéit à aucune règle, qui s'écarte de la voie du commandement divin ; et une voie « étrange » : les Écritures n'en savent rien et n'y conduisent pas ; elle éloigne l'homme de Dieu et l'en écarte toujours davantage. On peut traduire : « perverse est la voie de l'homme, de l'étranger », c'est-à-dire de celui qui est étranger à Dieu et à la piété, au Christ et à son Évangile, à l'Esprit et à l'œuvre de sa grâce dans le cœur, à son propre cœur et à sa condition naturelle, et à tous les gens de bien et à tout ce qui est bon.
Mais l'homme pur agit avec droiture. Dieu est pur, la pureté même, au prix de qui rien n'est pur ; et son œuvre, dans la création, la providence et la grâce, est droite : il n'y a en lui aucune injustice - sens que favorisent la Septante et la version arabe. Ou plutôt il s'agit de tout homme de bien, qui, par la pure justice du Christ qui lui est imputée, par son sang précieux répandu sur lui ou plutôt par le bain qu'il y a pris, et par la grâce de Dieu qui lui a été faite, est pur, entièrement lavé du péché ; qui a un cœur pur, un langage pur, et qui garde le mystère de la foi dans une conscience et une conduite pures. Et son œuvre - ou l'œuvre de Dieu en lui - est droite et bonne ; ou bien son œuvre de foi, qu'il exerce envers Dieu, est sincère et véritable. Et même ses œuvres, comme portent le Targum, la Septante, la version syriaque et la version arabe, qui mettent le pluriel : toutes ses bonnes œuvres sont droites, étant faites par amour, dans la foi, au nom et dans la force du Christ, et pour la gloire de Dieu.