La violence des méchants les emporte ; ou : les tranche, dit Ben Melech ; les découpe ou les « scie » ; les scie jusqu'au cœur. C'est-à-dire que, lorsque les péchés qu'ils ont commis - en frustrant Dieu de ce qui lui est dû, ou en faisant tort aux hommes dans leurs biens, en les trompant ou en les volant - leur sont mis devant la conscience, ils sont dans la plus grande angoisse et la plus grande détresse ; c'est comme si l'on faisait aller et venir une scie sur eux ; et il en sera ainsi pour toujours sans une repentance véritable. Voilà le ver qui ne meurt point et le feu qui ne s'éteint pas ; voilà la ruine éternelle loin de la présence du Seigneur - et cela est fort juste,
parce qu'ils refusent de faire ce qui est droit : de rendre à chacun ce qui lui est dû et de laisser chacun jouir paisiblement de son bien. Cela est vrai des voleurs de grand chemin ; cela l'est aussi des gens en charge publique, dont le devoir est de protéger la propriété d'autrui : s'ils s'y refusent, non seulement ils refusent de faire justice, mais ils commettent en fait un vol, dont leur conscience leur demandera compte tôt ou tard.