Le juste considère avec sagesse la maison du méchant : non pas tant le somptueux palais où il habite et ce qu'il y a dedans, que la gloire, l'éclat, la richesse et l'ampleur de sa maison, et l'état florissant où lui et les siens se trouvent ; il considère comment ils y sont parvenus, combien peu cela durera, et quelle en sera l'issue - laquelle, avant peu, sera la ruine et la destruction ; c'est pourquoi il n'envie pas leur bonheur présent et ne s'en irrite pas. Guershom traduit :
« le juste fait prospérer la maison du méchant » ;
comme Joseph fit prospérer celle de Potiphar et Jacob celle de Laban ; ou plutôt c'est le Seigneur qui les fit prospérer à cause d'eux. Jarchi entend « le juste » de Dieu lui-même, qui a à cœur de retrancher la maison du méchant, comme le dit la suite :
Mais Dieu précipite les méchants dans le malheur ; ou : il les fait passer dans le mal, dit le Targum ; dans le mal du châtiment, pour le mal du péché. Aben Ezra supplée le mot « Dieu », comme nous le faisons, et l'entend de Dieu détruisant les méchants pour leurs péchés, quoiqu'ils aient prospéré un temps dans ce monde. Mais certains l'entendent du juste, et particulièrement du magistrat juste, avisé et attentif dans sa charge, qui inspecte les maisons des méchants, s'informe de qui les habite et de la manière dont ils vivent, et de ce qu'ils y ont - biens volés appartenant à d'autres, ou armes destinées soit à des complots, soit au brigandage -, et qui les prend et les punit selon les lois de Dieu et des hommes.