« Alors tu comprendras la crainte du Seigneur » - La grâce de la crainte et son exercice : elle est le commencement de la sagesse et de la connaissance, et un trésor en elle-même (Proverbes 1:7 ; 9:10 ; Ésaïe 33:6). C'est par l'Évangile que le Seigneur l'opère dans le cœur des siens par son Esprit ; par lui aussi qu'il les conduit dans les richesses de sa grâce spéciale et de sa « bonté », qui les porte à « craindre », et à craindre le Seigneur à cause d'elle ; en particulier, ils sont conduits par là à la grâce et à la miséricorde de Dieu qui pardonne - ce pardon qui est auprès de lui « afin qu'on le craigne ». C'est l'Évangile qui produit et nourrit la vraie crainte filiale de Dieu, par laquelle les hommes « se détournent du mal » : il leur apprend à renoncer à tout péché et à mener une vie pieuse. Ainsi, par une recherche diligente de la connaissance de l'Évangile, et en l'obtenant, on parvient à une intelligence spirituelle, vécue et pratique de la crainte de Dieu comme grâce ; et comme elle englobe tout le culte de Dieu, on comprend aussi, à la lumière de l'Évangile, quel culte doit lui être rendu : un culte pur, spirituel, évangélique, conforme à sa nature et à sa volonté ; quelles sont les ordonnances du service divin ; et qu'il faut les garder telles qu'elles ont été transmises, dans l'exercice de la foi, par principe d'amour, en visant la gloire de Dieu, sans y mettre sa confiance ni en attendre le salut. Voilà l'avantage qu'on tire d'une recherche diligente de la doctrine de la sagesse, c'est-à-dire de l'Évangile, et de sa connaissance ; et il est présenté comme un argument pour y encourager. Un autre suit :
« et tu trouveras la connaissance de Dieu » - Une connaissance de Dieu qu'on ne trouve ni par la lumière de la nature, dans tout le livre des créatures, ni dans tous les écrits des philosophes ; non, ni même dans la loi de Moïse. Car si on peut voir et connaître beaucoup de Dieu et de ses perfections par les choses créées, et beaucoup de sa volonté par la loi qu'il a donnée, ni l'une ni l'autre ne donnent la connaissance de Dieu en Christ, qui est « la vie éternelle ». Celle-là ne se trouve que dans l'Évangile et par lui ; c'est là seulement qu'elle est mise en lumière ; et par lui, non seulement on la trouve, mais on y grandit toujours plus. On y voit un déploiement glorieux de ses personnes et de ses perfections, de ses conseils et de ses desseins, de son alliance et de ses promesses, de sa pensée et de sa volonté quant à la doctrine et au culte ; et du chemin de la paix, de la vie et du salut par Jésus-Christ - de quoi puissamment pousser à le rechercher avec diligence. Tout ce qui est dit ici vise à encourager la recherche assidue des choses divines ; car, comme dit le poète [37], rien n'est si difficile qu'on ne le trouve en cherchant.
Notes
[37] Terent. Heautont. Act. 4. Sc. 1.