« Si tu la cherches comme l'argent » - « La », c'est la sagesse, la connaissance et l'intelligence, qui désignent toutes une seule et même chose : la doctrine de la sagesse, c'est-à-dire de Christ, autrement dit l'Évangile, et une connaissance spirituelle et vécue de lui et de ses vérités. Choses aussi désirables et précieuses que l'argent, et plus encore ; qu'on peut à bon droit lui comparer et lui préférer, pour leur pureté, leur solidité et leur durée (voir Psaume 119:72 ; 1 Corinthiens 3:12) ; et qu'il faut rechercher avec autant et plus d'ardeur, d'affection et de diligence que l'argent ne l'est par les plus avides (Proverbes 8:10).
« et si tu la creuses comme les trésors cachés » - L'Évangile est un trésor (2 Corinthiens 4:7), une accumulation de richesses. Il contient des vérités précieuses : précieuses par leur ancienneté ; parce qu'elles viennent de loin et ont coûté cher - venues du ciel, scellées du sang de Christ et des saints martyrs de Jésus ; et par leur abondance : il y a des trésors de sagesse et de connaissance dans l'Évangile, et en Christ qui en est la somme et la substance, lui qui est plein de vérité comme de grâce (Colossiens 2:3 ; Jean 1:14). Il contient les riches bénédictions de la grâce - spirituelles, solides, substantielles, sûres, irrévocables, et en multitude (Romains 15:29) ; et aussi de riches promesses, infiniment grandes et précieuses, absolues et inconditionnelles, adaptées aux situations diverses du peuple de Dieu, et assurées à toute la descendance. Il révèle les richesses de la bonté de Dieu, sa bonté spéciale en Christ ; les richesses insondables de Christ ; et les richesses de la grâce comme de la gloire.
Et c'est sous cette figure du trésor qu'il faut le chercher - d'un trésor caché : allusion à ce qu'on serre dans les cabinets des princes, ou à ce que la terre cache dans ses entrailles, comme les pierres précieuses. Pline [36] dit que « topazin », dans la langue des Troglodytes, veut dire chercher, parce qu'on cherche et recherche les topazes avec grand soin (voir le commentaire de Job 28:19). L'Évangile et ses vérités étaient largement cachés, sous l'ancienne économie, au monde païen, et en bonne partie aux Juifs eux-mêmes : enveloppés dans des prophéties obscures, des allusions voilées, des types et des sacrifices figuratifs ; et ils sont maintenant, et ont toujours été, entièrement cachés à la partie méchante et réprouvée du monde, à ceux qui périssent, et aux élus de Dieu eux-mêmes avant leur conversion. C'est « la dispensation du mystère caché en Dieu », dans son cœur, de toute éternité (Éphésiens 3:9-10) ; ses vérités sont les « trésors de la sagesse et de la connaissance cachés » en Christ (Colossiens 2:3) ; et aussi le « trésor caché dans le champ » des Écritures (Matthieu 13:44). Il faut donc y creuser pour les trouver, avec le même travail et la même résolution que les hommes mettent à fouiller la terre pour en tirer le minerai précieux de ses entrailles. Comment ? En les lisant assidûment ; en les méditant souvent et profondément ; en écoutant constamment la prédication des vérités de l'Évangile ; en priant avec ferveur pour que l'Esprit divin éclaire et fasse comprendre ; et en s'aidant de tout ce qu'on peut tirer des écrits des hommes de bien et de leur conversation. Voilà ce qu'il faut chercher et rechercher en premier, dès le début de la vie, et avec la plus grande diligence et le plus grand effort, comme étant ce qui compte le plus.
Notes
[36] Nat. Hist. l. 37. c. 8.