Un présent est une pierre précieuse aux yeux de qui le possède ; ou : c'est « une pierre de grâce », la comparaison étant sous-entendue. C'est un ornement plein de grâce, qui pare celui qui le porte et le rend beau et aimable ; c'est une chose agréable et désirable en soi, qui attire et éblouit le regard et remplit l'esprit de plaisir. Ainsi en est-il d'un présent aux yeux de celui qui le possède : soit qu'il l'ait en main pour le donner, en étant le donateur, comme dit Aben Ezra - le trouvant précieux à ses propres yeux, il le juge tel aux yeux des autres et croit pouvoir tout obtenir par lui et engager les gens à faire ce qu'il veut ; soit qu'il le reçoive, comme dit le Targum, et qu'en étant devenu le maître, il lui soit si agréable et ait sur lui tant d'influence qu'il fera pour lui tout ce que le donateur voudra, comme le dit la suite :
partout où il se tourne, il réussit : quelle que soit la cause à laquelle il est appliqué, quels que soient les gens à qui il est donné et par qui il est reçu - juge ou jury -, il réussit bien mieux que les plaidoyers les plus éloquents, les argumentations les plus savantes ou l'invocation des textes de loi. L'argent répond à tout ; un présent aveugle les yeux ; il est comme un diamant, si étincelant, si éblouissant, si séduisant et si attirant que celui à qui on l'offre ne peut y résister ; et il l'amène à faire tout ce qu'on veut de lui : il emporte la cause, il réussit selon le vœu du donateur. Ou, comme traduit la version arabe :
« il trouvera son affaire toute simple »,
réglée comme il l'entendait. Jarchi applique ainsi le proverbe :
« quand un homme se présente devant le Seigneur et le gagne par des paroles et revient à lui, c'est une pierre précieuse à ses yeux ; et dans tout ce qu'il lui demande, il réussit. »