Celui qui absout le coupable et celui qui condamne le juste : celui qui acquitte et relaxe le coupable et le déclare juste en plein tribunal, où il comparaît accusé et convaincu ; et celui qui condamne un innocent, ou prononce contre lui une sentence, alors qu'il est manifeste qu'il n'est pas coupable -
tous deux sont en horreur au Seigneur, comme contraires à la loi et à la justice, à la volonté déclarée de Dieu et aux ordres et instructions qu'il a donnés aux juges (Deutéronome 25:1). Telle fut l'abomination des Juifs demandant la libération de Barabbas, un scélérat, et la condamnation du Christ, le Juste ; et celle de Pilate, qui y consentit. Ce passage nous apprend que le mot « justifier » s'emploie au sens judiciaire, pour déclarer quelqu'un juste devant un tribunal ; et c'est en ce sens qu'il est employé pour la justification du pécheur devant Dieu. Par cet acte, quoique ce soit un impie qui soit justifié, cela se fait par la justice parfaite du Christ qui lui est imputée, et cela est parfaitement conforme à la loi et à la justice de Dieu, et nullement en contradiction avec ce passage, qui déclare abominable la justification d'un méchant : elle l'est là où il n'y a aucune justice, non là où il y en a une. À quoi s'accorde le mot d'un poète païen :
« il n'est pas juste, ni de condamner à la légère les méchants comme bons, ni les bons comme méchants. »