Le méchant ne cherche que la rébellion : car il ne cherche rien que le mal ; et tout péché est rébellion contre Dieu, mépris de ses lois et transgression de celles-ci ; c'est fouler aux pieds son pouvoir législatif et son autorité, c'est un acte d'hostilité contre lui et un refus de lui obéir. Ou plutôt on peut traduire : « la rébellion », c'est-à-dire « l'homme rebelle », comme fait le Targum, l'abstrait pour le concret, « ne cherche assurément que le mal ». Un rebelle à son prince légitime, un homme d'un naturel séditieux, cherche sans cesse à faire du mal dans l'État ; il ourdit et complote constamment des projets funestes, excite à la sédition et provoque des troubles. Et de même le rebelle envers Dieu cherche toujours ce qui est coupable, ce qui est mauvais en soi et contraire à la loi et à la volonté de Dieu - et il finit par attirer sur lui-même le mal du châtiment.
C'est pourquoi un messager cruel sera envoyé contre lui : s'il est rebelle à son souverain légitime, celui-ci enverra un messager pour l'arrêter, qui ne lui fera aucune grâce, ou un exécuteur pour le mettre à mort, qui n'hésitera pas à faire son office ; et s'il est rebelle à Dieu, quelque jugement de Dieu fondra sur lui de la manière la plus rude ; ou bien sa propre conscience l'accusera et se remplira d'effroyables pressentiments de la vengeance divine ; ou bien Satan, l'ange de la mort, sera lâché contre lui pour le terrifier ou le détruire ; ou bien la mort elle-même, qui n'épargne personne. La Septante et la version arabe attribuent cet envoi à Dieu et traduisent : « le Seigneur enverra », etc. ; ainsi Aben Ezra, qui rapporte aussi le premier membre à Dieu et l'entend en ce sens : c'est lui qui cherchera à faire du mal au rebelle, en lui infligeant le mal du châtiment pour le mal du péché.